Maxime Prévot (cdH): "Le départ de Joëlle Milquet est une tuile, mais je m'efforce d'être un bon ardoisier"

Annonce surprise ce jeudi, Joëlle Milquet (cdH) ne sera pas tête de liste cdH à la Chambre le 26 mai prochain. Elle explique avoir choisi une mission proposée par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, concernant le droit des victimes. Maxime Prévot, président du cdH, était l’invité de La Première vendredi matin et pour lui aussi, c’est une surprise.

« Je ne m’y attendais pas nécessairement, mais je suis heureux pour Joëlle. Tout le monde sait qu’elle avait pris un peu de recul ces dernières années. Elle a toujours eu une passion très forte pour la cause européenne. Elle aurait certainement aimé caresser le désir d’être tête de liste à l’Europe, Benoit Lutgen, mon prédécesseur mènera ce combat. Donc quand Jean-Claude Junker lui a dit qu’il avait eu des excellents échos des quatre coins d’Europe sur le rapport qu’elle a rendu, qui appelle à un suivi et qu’il lui a demandé : "Est-ce que tu veux bien incarner ce suivi et t’impliquer d’avantage?", je comprends que l’Européenne convaincue qu’est Joëlle a souhaité pouvoir sauter sur l’occasion. Et ça aurait été égoïste de ma part de l’empêcher. »

Nous avons d’autres belles ressources sur Bruxelles

Un départ heureux donc, mais un coup dur pour le cdH. Joëlle Milquet avait recueilli 19.000 voix à Bruxelles aux élections fédérales de 2014, un potentiel important.

« Il est évident que si j’avais pris la décision de reposer à Joëlle de s’impliquer dans l’arène politique en menant la liste fédérale c’est parce que je suis entièrement convaincu qu’elle conserve un potentiel de sympathie gigantesque sur Bruxelles. Mais là, elle ne nous abandonne pas. Elle reste pleinement engagée à nos côtés pour défendre nos valeurs. C’est une tuile, mais je m’efforce d’être un bon ardoisier. »

Il insiste : « Nous avons d’autres belles ressources sur Bruxelles, Georges Dallemagne a accepté de reprendre la tête de liste. »

Joëlle Milquet on le rappelle, est inculpée depuis avril 2016 pour prise illégale d’intérêts dans le dossier de certains emplois de son cabinet fédéral de l’époque. Une épée de Damoclès qui pèserait sur son choix ?

« C’est une donnée qui était connue et que j’ai assumée. J’ai considéré que, quatre ans plus tard, à l’heure ou il n’y a pas encore de réquisitoire, aucune raison de pas faire confiance dans les qualités de Joëlle. Elle avait toute la légitimée de mener un combat politique. »

Pas lié donc à un éventuel rebondissement dans le dossier. « Je n’ai aucun élément qui justifie un rebondissement particulier. Que l’on laisse la procédure judiciaire suivre son cours. On a le droit aussi de se réjouir que certains destins européens s’ouvrent à des gens de qualité. »

Ne jugeons pas deux fois Dimitri

Dimitri Fourny, bourgmestre de Neufchâteau place aussi le parti dans la tourmente. Ce ténor du cdH, pressenti pour être tête de liste au Luxembourg pour les élections de mai prochain est suspecté d’avoir participé à une fraude aux procurations. 18 procurations auraient été falsifiées pour favoriser la liste de Dimitri Fourny lors du dernier scrutin communal.

« On est dans des contextes différents. On a eu un effet de surprise en apprenant son inculpation il y a une semaine, sur des motifs différents de Joëlle. Elle est inculpée depuis quatre ans, sans qu’aujourd’hui il y ait le moindre réquisitoire. Il y a une volonté d’arrêter le bashing à l’égard des gens. Je suis parfois meurtri de voir le nom de personnes engagées dans la cause politique qui, lorsqu’ils font l’objet d’une inculpation, sont détruites. Ce sont des gens dont on a sali durablement le nom. Et qui font, quelques années plus tard l’objet d’un nom lieu, sauf que toutes ces années-là ne sont pas récupérables. »


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« Je n’ai pas eu accès au dossier. Que la justice fasse sereinement son œuvre. Ne jugeons pas deux fois Dimitri. C’est quelqu’un qui n’a pas de raisons de ne pas avoir la confiance du parti. Et s’il doit y avoir de nouvelles élections pour clarifier la donne, lui même s’est dit disposé et demandeur que ce soit le cas. »

Dimitri Fourny l'a annoncé, il ne se présentera plus comme député, mais reste bourgmestre en affaires courantes. Un pas de côté qui, selon Maxime Prévot, s’explique par la pression médiatique : « S’ils restent en place, ils font l’objet d’un doigt accusateur, d’une pression, d’un bashing. Ne leur reprochez pas de faire un pas de côté en disant » c’est presque un aveu de culpabilité «, alors que les jours qui ont précédé vous avez canardé ces hommes et femmes politiques en disant que vu la suspicion, ils n’étaient plus en légitimité pour avancer. On ne peut pas plaider tout et son inverse. »


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