Maxime Prévot (cdH) à propos des managers de Nethys: "Écœurant de repartir avec un tel pactole"

Le ministre wallon des Pouvoirs Locaux Pierre-Yves Dermagne (PS) a annoncé avoir reçu les informations relatives aux indemnités versées en mai 2018 et 2019 à l’ancienne équipe de direction de Nethys.


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Selon les chiffres du rapport publiés par Le Soir, plus de 18,6 millions d’indemnités et de bonus ont été versés en mai 2018 à quatre managers, dont Stéphane Moreau. Ce dernier a touché 8,6 millions d’euros, une compensation par rapport à la réduction des salaires, d’où le terme d’indemnités "de rétention".

Un montant impensable selon le président du cdH, Maxime Prévot, invité de la Première jeudi matin. "Indépendamment des questions et du débat sur les qualités professionnelles de Monsieur Moreau, c’est écœurant de repartir avec un tel pactole alors que des gens ont du mal à nouer les deux bouts. J’ai entendu que Monsieur Dermagne avait transmis le dossier auprès des instances judiciaires et administratives, mais honnêtement ça dépasse tout entendement."

"Etre un acteur de la solution"

Le cdH, qui a choisi l’opposition à tous les niveaux de pouvoir après sa défaite électorale de mai dernier, a souligné mardi soir sa disponibilité "pour être du côté de la solution" au Fédéral, sans pour autant affirmer un souhait de monter dans un gouvernement. Mais pourquoi un tel revirement ?

"En la circonstance, j’ai toujours dit que le choix de l’opposition s’était imposé à nous, à contrecœur. Ce n’est pas un choix que nous avons fait de manière enthousiasmante, c’est parce que les électeurs ne nous ont pas donné assez de confiance pour continuer à être une formation politique qui puisse être alignée d’entrée de jeu sur le terrain", explique-t-il.

"J’ai toujours dit, que nous serions au rendez-vous s’il y avait des enjeux liés à la stabilité du pays, l’intérêt des francophones ou des réformes majeures. Six mois plus tard, nous sommes enlisés dans une crise. Le fait de rappeler qu’avec nos 5 modestes sièges, si nous ne sommes pas mathématiquement nécessaires pour faire des majorités, nous pourrions tout de même jouer un rôle politiquement utile pour débloquer la situation et être un acteur de la solution pour la Belgique et non pas de la dissolution."

Selon lui, il est donc possible d’être du côté des solutions en étant sur le banc de l’opposition. "Nous sommes dans l’opposition depuis 5 ans au niveau fédéral et il est probable que l’on y reste à l’avenir. Je veux donner une chance à la sortie de crise. Nous avons un informateur royal qui change de méthode. Ces derniers mois, on est allés dans le mur en cherchant à déterminer un casting. Magnette à dit : "Ça ne fonctionne pas, on va travailler sur les convergences de fond, de programme". Donc, c’est très important pour nous, nous sommes demandeurs de venir avec des idées ! On est prêt à travailler, c’est pourquoi j’ai répondu présent comme parti constructif aux discussions en cours autour de Monsieur Magnette et nous verrons ce qu’il en est dans le futur."

Il faut avoir la tête dans le sable pour ne pas mesurer que le pays est en crise aujourd’hui

La Première ministre, Sophie Wilmès, estime, elle, de son côté que le pays n’est pas en crise et qu’il le sera seulement quand les politiques rompront le dialogue. "Les bras m’en sont tombés. Il faut avoir la tête dans le sable pour ne pas mesurer que le pays est en crise aujourd’hui. Quand elle déclare que le pays n’est pas en crise alors que, quelques jours avant, elle avait appelé à une réaction d’urgence à cause du déficit abyssal qui est en train de se creuser. On a un gouvernement qui n’exerce plus de plein exercice depuis un an, on a des problèmes et on vient dire que le pays n’est pas en crise. Si, madame la Première ministre, il l’est, et il est temps de tout mettre en œuvre pour l’en sortir."

La question de l’avortement

Dans un même temps au Parlement, les partis cherchent des coalitions sur certains thèmes. Notamment sur la question de la dépénalisation de l’avortement. L’enjeu est de supprimer toute sanction pour les médecins et les femmes et d’allonger le délai maximal pour avorter de 12 à 18 semaines à partir de la conception.

"Nous sommes favorables pour supprimer toute sanction pénale. Par contre, nous considérons que sur certains éléments, on va trop loin. Le cdH, en la circonstance, ne peut pas cautionner le texte qui porte à 18 semaines, (5 mois) la capacité de permettre un avortement. Et quand j’entends que DéFi, Ecolo et le PTB ont même proposé à un moment donné qu’on puisse avorter n’importe quand, ça me semble être excessif."

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