Martin Schulz: "Les contrôles aux frontières en Belgique sont normaux"

Martin Schulz, le 18 février, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
Martin Schulz, le 18 février, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. - © JOHN THYS - AFP

Alors que le tribunal administratif de Lille doit statuer sur le référé introduit pour tenter d’obtenir un report de l’évacuation de la "Jungle de Calais", la Belgique a décidé de renforcer les contrôles à la frontière franco-belge.

"On se prépare à l’arrivée d’illégaux. On veut éviter à tout prix un camp comme Calais et Dunkerque. Il faut éviter tout impact économique à la Côte et au port de Zeebruge", a déclaré Jan Jambon (N-VA), le ministre de l’Intérieur.

La fin de l’espace Schengen ?

Est-ce que cela signifie la fin de l’espace Schengen ? Pour Martin Schulz, le président du Parlement européen, cela ne le remet nullement en cause : "La Belgique établit des contrôles à temps limité et l’a annoncé à ses voisins et à la Commission européenne. Il faut savoir que dans le cadre Schengen existant, c’est admissible, c’est absolument normal", explique-t-il sur Europe 1.

Il ajoute : "Les frontières ne sont pas fermées. Il faut faire une distinction entre le contrôle pour des raisons graves" – à l’instar de ce qu’il arrive en Belgique  "et la fermeture permanente des frontières. Cela est impossible pour l’espace Schengen, parce que ça voudrait dire qu’on fermerait aussi les frontières pour les transports des marchandises et des services. Cela causerait un grand dommage à l’économie".

Une étude réalisée par l’institut Prognos pour le compte de la Fondation Bertelsmann conforte les propos de Martin Schulz. Selon cette étude, la fin de l’espace de libre-circulation européen de Schengen coûterait, dans le meilleur des cas, 470 milliards d’euros à l’Europe en dix ans. Dans le pire des cas, 1400 milliards d’euros.

Une meilleure gestion des arrivées migratoires

Le président du Parlement européen suggère de mieux encadrer les arrivées migratoires en Europe : "Il faut identifier les gens qui arrivent, leur demander quelles sont les raisons de leur venue. Il y a visiblement autour de 40% de réfugiés qui n’ont pas le droit d’asile. Pour ceux-là, il faut les retransférer dans leurs pays d’origines".

Il appelle également à une plus grande solidarité entre les pays européens : "Il faut protéger les familles syriennes et irakiennes et les redistribuer parmi les 28 Etats membres de l’Union européenne. Il y a 500 millions d’habitants au sein de l’UE, si on distribue un million de réfugiés parmi ces 500 millions, ça ne pose aucun problème. Si on les redistribue dans 4 pays ou un seul actuellement (l’Allemagne), là, ça pose problème".

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