Marie-Martine Schyns, ministre de l'Education: "Le latin est très utile, il vient en soutien aux langues"

Marie-Martine Schyns
Marie-Martine Schyns - © THIERRY ROGE - BELGA

Marie-Martine Schyns (cdH) était l'invitée de La Première ce vendredi. La ministre de l'Educations en Fédération Wallonie-Bruxelles a présenté les grandes lignes du Pacte d’excellence.

Celui-ci est très discuté ces dernières semaines, l'objet de mises en garde, notamment via une carte blanche de 1000 signataires qui craignent la dissolution des matières telles que la géographie, l'histoire, les sciences économiques et sociales, en passe d'être groupées sous une même bannière.

Quatre cours en un ?

La ministre de l'Education s'étonne des positions antagonistes des cartes blanches ​​​​​​"l'une, signée par 1000 personnes, parlait beaucoup des disciplines et, le lendemain, une carte blanche de 800 personnes valorisait plutôt l’intégration".

Marie-Martine Schyns ne voit pas une dissolution de ces cours, mais plutôt "un référentiel commun avec 4 chapitres distincts et des attendus différents chaque année". Les sciences économiques et les sciences sociales vont intégrer le 1er degré. Le Pacte d'excellence laissera plus de champs libre aux écoles en laissant l'opportunité aux professeurs de "donner l’ensemble des cours ou que ce soit un professeur différent qui donne chaque cours".

Les professeurs ont exprimé leurs craintes de devoir enseigner les sciences économiques ou sociales avec une formation en histoire ou en géographie, mais la ministre rassure : "Aujourd'hui, vous avez déjà 60% des écoles qui ne fonctionnent pas avec un cours d’histoire et de géo mais avec un cours d’étude du milieu où ce sont des enseignants formés aux différentes matières". Par ailleurs, elle rappelle que des professeurs du supérieur sont déjà formés à enseigner ces sciences.

Du latin pour porter les langues

En secondaire, les élèves de 1ère assisteront à 6 périodes de français par semaine, contre 4 en 2e et 3e année. Face à la diminution du temps accordé au français, Marie-Martine Schyns défend l'entrée en scène du latin - auparavant optionnel - dans le tronc commun : "Le latin est très utile, il vient en soutien aux langues. Sa rigueur de pensée et sa structure grammaticale sont des véritables outils pour d’autres apprentissages".

Par ailleurs, les périodes dureront 45 minutes alors qu'aujourd'hui elles en font 50. L’opposition s’interroge : comment augmenter le volume et diminuer le temps de cours ?

La ministre affirme que "les volumes par année seront sensiblement les mêmes, surtout dans les apprentissages de base. Parfois même un peu plus dans certaines années. Ce qu’on demande aux écoles, ce sont des volumes globaux par année, elles pourront rester en volumes de 50 minutes si elles le veulent. Elles pourront aussi choisir de passer en périodes de 90 minutes, soit 2 fois 45".

Marie-Martine Schyns poursuit : "La grille proposée intègre un même volume dans les différentes compétences. C’est au niveau des contenus que les discussions vont avoir lieu. Les acteurs qui travaillent sur ces contenus vont devoir sélectionner en fonction de la réalité du 21e siècle – on a plus revu les référentiels depuis 20 ans, le monde a évolué depuis – ces contenus vont devoir évoluer, donc il y aura peut-être des choses en plus et d’autres en moins".

Garder la classe entière à niveau

Dans les grilles, on peut lire que deux heures d’accompagnement personnalisé font leur apparition. Marie-Martine Schyns estime que ces heures sont impératives "parce que tous les enfants n’avancent pas au même rythme et donc un enfant peut avoir besoin de renforcement et de soutien dans une compétence de base. Pendant ce temps, d’autres peuvent avoir un moment de dépassement ou des activités qui leur permettent d’aller plus loin, voire de faire autre chose".

"Ce sont des moments où les enfants peuvent être organisés autrement qu’en classe commune, ils peuvent être divisés, répartis autrement en fonction de leurs besoins", explique la ministre de l'Education. Ces changements impliquent des moyens budgétaires complémentaires, ceux-ci "vont être dégagés cette année et vont rentrer en force au moment où le tronc commun arrivera en secondaire, ils permettront de dégager des périodes en plus".

Reportage du JT 13h de ce vendredi:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK