Marie-Martine Schyns: "Le prochain gouvernement devra tenir compte du pacte d'excellence"

La grande rentrée pour la ministre de l'Education Marie-Martine Schyns.
La grande rentrée pour la ministre de l'Education Marie-Martine Schyns. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

C’est le grand jour -celui de la rentrée- pour la ministre de l’Education Marie-Martine Schyns. Et les questions restent nombreuses : où en est le pacte d’excellence ? La formation des instituteurs en 4 ans est-elle finançable ? Pour Marie-Martine Schyns, pas de doute, "le pacte s’imposera largement au prochain gouvernement, quelle qu’en soit la majorité". 

"Le pacte est sur les rails. La feuille de route est là et le prochain gouvernent, quel qu’il soit, devra en tenir compte."  Et si la majorité change ? "La manière dont les acteurs ont travaillé, personne, je pense, ne peut le leur enlever."

"Le rôle (du ministre) qui suivra sera le même " 

Et de changement de majorité, il pourrait en être question, puisque le PS a déclaré par la voix du président qu’il ne veut pas gouverner avec le cdH dans une prochaine coalition. Mais la ministre de la Communauté Wallonie-Bruxelles n’en démord pas : "Ce sont les acteurs, les syndicats, les parents et les réseaux qui se sont vu confier cette mission. Ensuite, j’ai rédigé le décret et le rôle de celui qui suivra sera le même."

Pénurie des enseignants

A propos de la pénurie des enseignants, la ministre remarque qu’elle est ciblée dans certaines périodes, certaines matières et certaines zones. "Pendant les congés, j’ai fait 10 propositions et certaines peuvent arriver très vite en octobre et novembre au parlement. Comme, par exemple, la valorisation de l’ancienneté et la possibilité de faire venir dans les classes des gens qui ne viennent pas de l’enseignement. D’autres mesures concernent les enseignants débutants car certains d’entre eux quittent trop vite la profession.  La plate-forme des  enseignants débutants leur permettra d’avoir un emploi stable et aux directeurs d’écoles d’aller chercher des enseignants dans ce pool." Par ailleurs, les enseignants pourront, s’ils le veulent, faire des heures supplémentaires. "Ce sera le cas, uniquement en cas de pénurie. La charge d’un professeur de langue absent pourra être répartie parmi les autres professeurs sur base volontaire."

Ces mesures, tout comme la possibilité accordée à d’anciens enseignants de revenir en soutien d’une école seront actives très rapidement, assure la ministre. Pour le pool d’enseignants, en revanche, il faudra attendre la rentrée prochaine.

Et le financement dans tout ça ?

Confrontées à l’explosion du nombre d’élèves, certaines écoles ont dû, faute d’infrastructure suffisante, installer des conteneurs. Face au manque de financement, c’est donc le règne de la débrouille. Ce dont se défend la ministre de l’Education:  "Il existe des fonds pour rentrer des projets et 20 millions par an pour créer des nouvelles places dans les écoles de certaines zones. Le défi, dans l’enseignement, c’est d’anticiper. Construire et rénover, cela prend du temps. Il faut donc des moments tampon avec des classes conteneurs. Mais ne plus être dans des plans d’urgence est la grande force de ce gouvernement. "

Et face aux critiques de la CSC pour qui les politiques se voilent la face et ne fournissent pas les moyens nécessaires, Martie-Martine Schyns répond: "On doit tenir cette feuille de route. " Il faut savoir où l’on met la priorité et pour moi, en Communauté française, l’enseignement est la priorité ".

Mieux former les enseignants  

Et si la réforme ne semble pas voir le jour, alors que le pacte est initié depuis 4 ans, la ministre répond que le texte est à la signature. "C’est un enjeu énorme car il faut prévoir les contenus de cette nouvelle formation et -bien entendu- on va y arriver"

Les enseignants seront-ils mieux payés pour autant ? "On doit réfléchir, avec les syndicats et les enseignants, à un barème qui peut valoriser cette année supplémentaire. On va monitorer cela, car pour les enseignants en place, il sera aussi possible de suivre cette formation supplémentaire. Il existe déjà un master en science de l’enseignement. On revoit tout cela pour que ce soit soutenable budgétairement."

Et sur la polémique qui entoure la remise en cause de l’accord du participe passé, Marie-Martine Schyns assure que ce n’est pas un tabou. "C’est au Conseil de la langue française de se pencher là-dessus. Ce n’est pas à la ministre de débattre de cela. C’est à des experts à en débattre".