Marie-Martine Schyns: "Le temps politique, ce n'est pas le temps de l'école"

La nouvelle ministre de l'enseignement sera dans Jeudi en Prime
La nouvelle ministre de l'enseignement sera dans Jeudi en Prime - © ERIC LALMAND - BELGA

Elle n’a pas vraiment le même style que Joëlle Milquet. Marie-Martine Schyns (CDH), c’est plutôt l’élève calme et silencieuse assise au premier rang. Mais quel que soit son caractère, les devoirs ne manquent pas pour la nouvelle ministre de l'Education

Des questions d'examens bien gardées

En juin 2015, plusieurs questionnaires d'examens avaient fuité. Cette situation pourrait-elle se reproduire cette année? Marie-Martine Schyns rassure: "Le processus, dans son ensemble, a été sécurisé: de la rédaction du questionnaire à l'impression, à la mise sous scellé et dans des lieux de stockage qui sont sécurisés, jusqu'au moment de la distribution dans les écoles". Mais la ministre de l'Education reconnait que le risque zéro n'existe pas. "J'en suis bien consciente et c'est pour cela qu'on a prévu une épreuve bis" précise-t-elle.

Régionaliser l'enseignement?

Hier, le Ministre-président wallon Paul Magnette (PS) a affirmé qu'il faut régionaliser l'enseignement et la culture. Pour la ministre de l'Education, ce n'est pas le moment d'en parler: "J'ai 39 ans et ça fait 39 ans que j'entends parler d'institutionnel. On vient à peine de terminer la 6ème réforme de l'Etat et j'ai envie de dire "stop"". Marie-Martine Schyns met en doute l'efficacité d'une telle régionalisation. Or, ajoute-t-elle, "la Région wallonne a déjà beaucoup de compétences à gérer".

Le pacte pour un enseignement d'excellence

Pour la ministre de l'Education, l'enjeu, c'est le pacte pour un enseignement d'excellence. Parmi les idées débattues, il y a l'allongement de la journée à l'école. "C'est une mesure parmi d'autres. Elle est remontée des groupes de travail par rapport au rythme de l'enfant. Le groupe central, c'est-à-dire tous ceux qui ont discuté de ce pacte, est très prudent dans sa formulation: il faut une étude de faisabilité approfondie par rapport à ce changement éventuel car c'est un changement qui impacte le quotidien des familles". Marie-Martine Schyns précise que rien n'est décidé par rapport à cette question.

Mais pour un enseignement d'excellence, faut-il interdire le redoublement? "Il n'est écrit nulle part dans le pacte qu'on va interdire le redoublement" affirme la ministre de l'Education. "Notre objectif n'est pas de faire redoubler. On redouble deux fois plus en Fédération Wallonie-Bruxelles qu'en Flandre. On doit limiter ce redoublement. Mais pour le faire, on ne va pas le décréter. Il faut imaginer davantage de remédiation" assure Marie-Martine Schyns. Pour elle, il faut une remédiation "plus intégrée, au moment même de l'apprentissage".

Le chantier est évidemment important et il prendra du temps. "Le temps politique, ce n'est pas le temps de l'école et moi je respecte le temps de l'école" déclare la ministre de l'Education. Plusieurs périodes sont prévues. Les choix auront lieu en octobre. A ce moment-là, un troisième rapport sera remis. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles devra alors décider et faire des choix.

La réforme des titres et fonctions

A la rentrée prochaine, un certain nombre d'enseignants ne pourront plus enseigner ou se verront amputer financièrement car les titres et les diplômes pour enseigner vont changer. "Cette réforme des titres et fonctions, elle était attendue depuis 40 ans. Elle vise à simplifier le paysage des titres" précise la ministre. Mais que faire contre les effets pervers? "Les effets pervers étaient prévus par des mesures transitoires et aujourd'hui, on travaille à un élargissement de ces mesures transitoires". 

Le décret inscription

Concernant le décret inscription, Marie-Martine Schyns explique qu'elle se donne du temps "pour imaginer ce qu'on peut faire". Pour elle, ce décret est "le thermomètre de ce qui se passe dans certaines zones où il n'y a pas assez de places de qualité pour répondre aux attentes des parents". La ministre rappelle alors les chiffres: 8 000 places créées en 2015 à Bruxelles, 2 000 prévues pour la rentrée 2016. "On va amplifier cela dans le cadre d'un masterplan".

L'état de forme du CDH

Dans les derniers sondages, le CDH est en perte de vitesse. La ministre livre son analyse: "Un peu partout en Europe, on voit que les extrêmes augmentent. Je n'ai pas l'impression que la clé du dernier sondage, c'est la mauvaise santé du CDH. D'autres partis baissent aussi". Marie-Martine Schyns rappelle alors qu'il faut travailler et que les citoyens attendent beaucoup de la classe politique. Mais le CDH manque-t-il de figures emblématiques? Faudrait-il par exemple faire revenir Melchior Wathelet? "Melchior est un ami et il adore son nouveau métier". Concernant Joëlle Milquet, Marie-Martine Schyns répond sans hésiter: "Elle me donne de temps en temps des conseils par sms. Je pense qu'elle va très bien".

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