Marie-Martine Schyns: deux ministres au lieu d'un, mais "pas un centime de plus"

Marie-Martine Schyns (cdH) a prêté serment ce lundi pour devenir ministre francophone de l'Enseignement obligatoire.
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Marie-Martine Schyns (cdH) a prêté serment ce lundi pour devenir ministre francophone de l'Enseignement obligatoire. - © THIERRY ROGE - BELGA

Depuis ce lundi, Marie-Martine Schyns (cdH) remplace officiellement une "partie de Joëlle Milquet". Elle a prêté serment pour devenir ministre francophone de l'Enseignement obligatoire, un poste qu'elle avait déjà occupé en 2013, en lieu et place de Marie-Dominique Simonet.

Invitée de Matin Première ce lundi, elle se refuse pourtant à se présenter comme le joker humaniste dans cette matière. "Je pense que, pour le cdH, je suis celle qui, depuis le début de sa carrière, travaille pour l'Enseignement. J'ai été prof pendant 10 ans, parlementaire et ministre pendant un an", commente-t-elle.

Plus de ministres... et plus de confusion ?

Dans le même temps, Alda Greoli (cdH) prend sa part du "super-ministère" avec la Culture, l'Éducation permanente et la Petite Enfance. Et Rachid Madrane (PS) reprend le Sport à René Collin. Rachid Madrane qui tient, ce lundi matin sur son compte Facebook, "à saluer le beau travail réalisé par Joëlle Milquet et René Collin, et à souhaiter la bienvenue aux nouvelles ministres".

Résultat : 14 ministres au lieu de 13 auparavant, gouvernements wallon et francophone confondus. Une personne de plus, un cabinet de plus, des tractations incompréhensibles pour le public, et un sentiment qu'il est bien difficile de former des gouvernements simples et économes au sud du pays.

Et, bien sûr, une opposition qui déplore la manœuvre. Même si, pour Marie-Martine Schyns, les équipes étaient parfois bien plus importantes par le passé : "Au moment où des gens comme M. Nollet ou M. Chastel étaient au gouvernement, il y avait à l'époque 17 ministres. Et, depuis cette époque-là, on a, en plus, récupéré des compétences".

L'objectif, assure la centriste, est aussi "d'avoir davantage de présence sur le terrain" pour ces compétences qui "demandent que l'on soit proche des acteurs culturels, et de l'école".

Pas un centime de plus

Ce remaniement ne coûtera pas un centime en plus. Du moins, c'est ce que ne cesse de répéter le cdH depuis samedi, discours dont sa nouvelle ministre de l'Enseignement obligatoire fait une nouvelle fois écho ce lundi matin.

Contrairement à ce qu'affirme une évaluation du Groupe d'étude et de réforme de la fonction administrative (Gerfa), la facture de l'opération ne s'élèverait pas à 602 000 euros.

Non, l'enveloppe sera la même, "paiement des ministres compris". Ce qui signifie, non pas que le coût d'une Joëlle Milquet équivaut à deux ministres traditionnels, mais bien que la note a été revue : "On a neutralisé certains coûts de collaborateurs (licenciements, gel... ? Aucune précision à ce stade, ndlr) et on a fait des 'plus' et des 'moins', comme quand on gère un vrai budget".

"Je donne rendez-vous à toute la population et en particulier au Gerfa pour venir à l'ajustement budgétaire pour voir s'il y a un euro de plus dépensé dans nos cabinets", a par ailleurs affirmé Alda Greoli ce lundi matin. "Effectivement il y a un salaire de ministre en plus", a-t-elle admis. "Mais ce n'est pas parce qu'il y a un salaire de ministre en plus qu'il n'y a pas possibilité aussi de faire toute une série de synergies" entre les cabinets, en "mettant en commun toute une série de compétences".

Ministres intérimaires ?

Et si Joëlle Milquet est blanchie ? Exit Greoli, exit Schyns ? Deux intérimaires en attendant le retour éventuel de la "super-ministre" ? "La décision reviendra à l'ensemble du parti", réplique sobrement Marie-Martine Schyns, ajoutant que "l'école mérite la continuité dans l'action", ce à quoi elle s'emploiera.

Une place où s'empilent d'ailleurs les dossiers, à commencer par le "pacte d'excellence" et ses groupes de travail, si chers à Joëlle Milquet. Sa remplaçante salue la démarche et assure qu'elle s’attellera à "continuer le lien établi avec les acteurs de l'école, les directeurs, les équipes pédagogiques".

Dans ce fameux pacte, il était notamment question des rythmes scolaires : faut-il allonger ou non les journées d'école ? Marie-Martine Schyns répond sans répondre et préfère s'en remettre à l'aspect participatif de la démarche. "C'est une des pistes." D'ailleurs, "aucune idée n'est encore tranchée".

Même chose concernant la proposition d'un tronc commun jusqu'à 16 ans : le cdH "pense effectivement qu'on pourrait le prolonger d'un an", mais rien n'est décidé.

"Une proposition concrète" pour le cours de citoyenneté

Il ne faut pas oublier le fameux cours de citoyenneté – qui débutera en septembre prochain dans l'enseignement officiel, tandis qu'un référentiel est prévu pour l'enseignement libre – et dont on ne sait toujours pas qui pourra les donner. "Il faudra bien sûr une formation approfondie, il faudra un titre pédagogique, il faudra aussi aborder la question de la neutralité", expose la ministre.

Bref, du pain sur la planche de l'Enseignement, avec d'abord "une phase transitoire" et un premier acte prochainement posé par Marie-Martine Schyns : "Je vais déposer, dans les semaines qui viennent, une proposition concrète qui va répondre à ces objectifs de formation et de titre pédagogique".

Elle se veut d'ailleurs rassurante pour le corps enseignant : "Normalement, cela pourra rencontrer énormément de situations des professeurs qui sont aujourd'hui en place pour donner le cours de religion et de morale, et dont beaucoup ont les titres pour pouvoir donner le cours de citoyenneté".

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