Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice générale du Forem: "Les jeunes wallons sont moins bien préparés au marché de l'emploi"

Selon une nouvelle étude du Forem, le chômage des jeunes wallons de moins de 25 ans tend à baisser depuis 2013, même s’il reste très élevé, notamment par rapport à la Flandre. Alors à quoi attribuer cette décrue ?

Marie-Kristine Vanbockestal, l’administratrice générale du Forem est notre invitée ce vendredi matin. "Pour expliquer cette décrue, il y a d’abord des éléments conjoncturels, mais également l’action des pouvoirs publics avec la création d’aides à l’emploi et enfin un accompagnement plus intensif du Forem dans le cadre du programme européen "garantie jeunesse". Plus intensif, cela veut dire quoi, cela veut dire une prise en charge très très rapide dès l’inscription des demandeurs d’emploi et de la part de nos conseillers formateurs et une mise à l’emploi dans les quatre mois, ou l’inscription à une formation qualifiante".

Différences avec la Flandre

Une conjoncture favorable, aux efforts d’accompagnement et de formation du Forem mais toujours beaucoup de différence avec la Flandre. "Sur le plan économique il y a moins de créations d’emplois en Wallonie qu’en Flandre, mais il faut aussi dire que la qualité de la main-d’œuvre est différente, les jeunes wallons sont moins bien préparés au marché de l’emploi que les FlamandsNous vivons dans un marché du travail qui requiert et qui va requérir de plus en plus des qualifications de la part des travailleurs, mais aussi la maîtrise de compétences clefs. C’est-à-dire les compétences générales comme le français, les mathématiques, les langues mais aussi des compétences en technologies digitales, par exemple. Il est maintenant attendu de tout travailleur, salarié, indépendant de pouvoir les maîtriser et de plus en plus le monde du travail réclame des compétences sociorelationnelles, une maturité, le fait d’apprendre à apprendre, car il faudra sans cesse évoluer, entrer dans des formations continues".

Et que penser de cette trentaine de filières toujours en pénurie ?

"Les filières en pénurie on en parle souvent et c’est très réel, nous luttons contre le phénomène nous avons multiplié auprès des jeunes chômeurs les séances d’information pour les inciter à entrer en formation et les résultats sont là. Nous formons plus de 12.000 jeunes aux métiers en pénurie, mais je dis aussi si nous ne travaillons pas sur le long terme le phénomène de pénurie restera".

Formations en adéquation avec le marché du travail ?

"Il est faux de dire que nos formations ne sont pas en adéquation avec la demande du marché du travail. Nos 274 filières de formation sont revues en temps réel et toutes correspondent à des métiers porteurs ou en pénurie. Alors si cela ne débouche pas sur de l’emploi, je veux que l’on me le prouve. Les filières proposées par le Forem mènent toutes à l’emploi".

Bac ou pas Bac ?

Selon l’étude du Forem les diplômés du Bac ou de la formation en alternance s’insèrent mieux sur le marché du travail : "Les filières du Bac sont principalement des filières qualifiantes, cela veut dire à la fin de vos études vous avez un métier que vous pouvez exercer. Souvent ces filières combinent formations théoriques et stages sur le terrain et donc préparent mieux à entrer dans le monde du travail. Le problème de l’enseignement actuellement n’est pas de prolonger ou pas prolonger le tronc commun d’un an, il est en amont, il faut une approche holistique, que l’école se dote de mécanisme d’orientation beaucoup plus robuste. Il faut arrêter de hiérarchiser les filières et casser cette logique de relégation. Je plaide pour que l’école se transforme. Le taux de Neet (ndlr : ni employé, ni stagiaire, ni en étudiant) en Wallonie est maintenant de 10%, il est tombé en dessous de la moyenne européenne des 28 États membres qui est de 10.5%".

Emplois subsidiés ?

"Moi je suis convaincue que le fait d’avoir des systèmes d’aides à l’emploi explique la diminution du chômage, mais je connais aussi des chefs d’entreprise qui préféraient avoir des jeunes bien formés et qui renonceraient alors à la subvention".

Le Forem lancera lundi une nouvelle campagne de communication, baptisée #goforjob, afin de toucher les jeunes demandeurs d'emploi, annonce-t-il vendredi. Le site internet jeunes.leforem.be leur permettra également de découvrir les services et outils du Forem. Entre 2008 et 2018, le nombre de jeunes demandeurs d'emploi a diminué de 25% en Wallonie.

La campagne #goforjob sera publiée sur Facebook, Instagram, Twitter et sera également visible dans plusieurs gares de Wallonie ainsi que dans les bâtiments du Forem. Sur le site jeunes du service public de l'emploi et de la formation professionnelle, les demandeurs d'emploi pourront entre autres trouver des conseils pour leurs démarches et des informations sur les salons ou les ateliers de recherche.

 

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