Marie-Hélène Ska (CSC) sur la coalition Coquelicot: "On est à côté de la plaque"

Secrétaire générale du syndicat chrétien (CSC), Marie-Hélène Ska est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 22 juin sur La Première et ce dimanche 23 juin sur La Trois. Alors que le PS et Ecolo établissent les bases d’une négociation pour la Wallonie, elle descend en flèche l’idée de Jean-Marc Nollet.

Le coprésident d’Ecolo défend en effet l’idée d’une coalition "Coquelicot". Un gouvernement minoritaire au parlement, associant le PS et Ecolo, mais qui ferait entrer la société civile dans ses rangs et bénéficierait du soutien de partis d’opposition, au cas par cas.

"Ce n’est ni créatif, ni neuf", commence-t-elle. "La société civile, ça fait des lustres qu’elle est engagée. Par définition, si on s’engage dans une organisation syndicale, patronale, mutuelliste, associative, c’est qu’on a envie de faire entendre sa voix"

A côté de la plaque

Pour la syndicaliste, cette proposition occulte les préoccupations de la population. "Les vrais enjeux, c’est de répondre à l’angoisse de la population, les priorités du monde du travail, elles étaient connues le 25 mai, elles n’ont pas changé le 26, le 27 ou au mois de juin. Et la réponse, c’est : ‘finalement, s’il y avait quelqu’un d’un peu sympathique, qui pouvait l’incarner…’. On est vraiment à côté de la plaque, des préoccupations".

Marie-Hélène Ska cite le cas de la France, où une personnalité populaire avait pris la tête d’un ministère. Elle prend l’exemple de Nicolas Hulot, ancien Ministre français de la Transition écologique. "On voit le résultat. Je pense que ce genre de choses nourrit le désenchantement. Lorsqu’il s’agit de défendre un budget face aux blocs parlementaires, c’est impossible".

Elle a dit

La société civile est appelée sur le banc ministériel wallon. Intéressée ? "La réponse est non. Ça n’aurait aucun intérêt. Comme syndicaliste, mon rôle et de porter la parole des travailleurs"

Sur le délai de formation des gouvernements : "Il nous faut des gouvernements, des interlocuteurs capables de s’engager. Ils veulent le temps de décanter. Mais décanter quoi ? Des egos ? Les programmes électoraux, les résultats et les enjeux sont connus"

Sur la formation des gouvernements dans les différentes entités : " C’est le monde politique qui a voulu des réformes de l’État. Ce n’est ni la société civile, ni les travailleurs, ni les citoyens. Aujourd’hui, l’exigence du monde du travail, c’est ‘faites nous fonctionner tout ça’"

Sur Marc Goblet (ancien patron de la FGTB) : "Je me réjouis de le revoir au Parlement. Ça fait aussi partie de ce que devrait être une vraie élection, une capacité à élire des personnes qui ont une vraie expérience"

La Vlaams Belang et l’immigration : "C’est un parti qui, sur ces thèmes-là, apportait un certain nombre de réponses. Apportons des réponses à ces éléments, abordons-les de front"

Une grande priorité à défendre : "La question identitaire chez les jeunes qui cherchent du travail. Nous avons interrogé 6000 jeunes. Leur première préoccupation, c’est de gagner leur vie avec un travail"

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK