Marie-Hélène Ska (CSC): " C'est la 1re fois en 10 ans que le salaire minimum revient à l'agenda "

Marie-Hélène Ska (CSC): "C'est la 1re fois en 10 ans que le salaire minimum revient à l'agenda"
Marie-Hélène Ska (CSC): "C'est la 1re fois en 10 ans que le salaire minimum revient à l'agenda" - © Tous droits réservés

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, revient sur l’accord interprofessionnel conclu dans la nuit de lundi à mardi. Même si elle concède qu’il y a des points à améliorer, elle estime que le plus important c’est que le périmètre des négociations permet de revenir à des libres négociations dans les secteurs.

« Augmenter les salaires de 1,1%, c’est beaucoup trop faible. Mais c’est un signal important pour dire qu’il va être possible de négocier, car la loi prévoit une augmentation de 0,8% », a-t-elle déclaré au micro de Matin Première. Selon elle, c’est « un premier pas », mais elle se réjouit surtout que cette décision apporte une « nouvelle vision de la loi sur les salaires », car « la loi est mauvaise et nous la contestons ».

Cette augmentation de salaire minimum entrera automatiquement en vigueur le 1er juillet. Elle ne comprend pas l’indexation. « C’est la première fois en 10 ans que l’on remet à l’agenda la question du salaire minimum. C’est un signal important », se réjouit-elle.

Heures supplémentaires

Actuellement, la législation belge autorise les employés d’entreprises privées à prester 100 heures supplémentaires par an. Les organisations patronales souhaitaient que ce chiffre passe à 360. Au final, le groupe des 10 s’est accordé à 120 heures. La secrétaire générale de la CSC a assuré qu’elle ne pouvait pas aller plus loin : « Sur la question de la flexibilité, la Belgique est quasi championne. Il y a beaucoup de contrats à la journée et le travail intérim est fort développé. Si l’on regarde la législation, il est déjà possible de travailler pendant 26 semaines à hauteur de 50 heures/semaine. C’est bien au-delà de ce que prévoit la réglementation européenne ».

Elle pointe également les « ravages » de la flexibilité : elle conduit à de l’épuisement professionnel, à une incapacité à combiner vie professionnelle et vie privée. « L’objectif n’est pas d’adapter le travailleur au carnet de commandes », commente-t-elle.

Fin de carrière

Les partenaires sociaux ont également conclu un accord en matière de régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC), anciennement appelés « prépension ». Le hic, c’est que l’Open Vld n’en veut pas et menace de ne pas voter le jobsdeal si cette mesure y figure. Selon la secrétaire générale de la CSC, les libéraux flamands sont très loin des réalités sur le terrain. Et les récentes annonces de restructuration à la Fnac et chez NLMK le prouvent : « Beaucoup d’entreprises ont besoin de pouvoir avoir ces mesures de fin de carrière ».

Les syndicats ont rencontré le Premier ministre ce lundi. À l’issue de cette rencontre, Marie-Hélène Ska met en garde : « Le gouvernement est conscient de se dépêcher pour concrétiser cet accord. Soit on prend les négociations salariales et sociales au sérieux, soit ce n’est pas le cas ».

Contrairement à ce que la N-VA prétend, la syndicaliste ne trouve pas que le groupe des 10 a fait son temps. « Nous aurions voulu aller beaucoup plus loin, mais la marge de négociation est telle quelle est. Ce qui est important, c’est que le périmètre des négociations nous permet de revenir à des libres négociations dans les secteurs », conclut-elle.

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