"10 ans dans la même fonction avec le même employeur pour faire reconnaître une pénibilité, c'est inacceptable"

La réforme des pensions "est injuste, et ce qui est injuste, nous le combattrons jusqu’au bout", a réaffirmé ce mardi Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, au matin d'une journée de grève et de manifestations partout dans le pays. 

Inaccessible pénibilité 

Dans la réforme portée par le gouvernement Michel, les critères de pénibilité et la liste de métiers pénibles qui en découle sont beaucoup trop restreints et mal définis, selon les représentants des travailleurs: "Il faut pour l’instant 10 ans dans la même fonction avec le même employeur pour faire reconnaître une pénibilité", explique la secrétaire générale de la CSC, "c'est inacceptable".

Cela signifie que, si après 6 ou 7 ans, la travailleuse ou le travailleur change de fonction, elle ou il perd tous les avantages liés à la pénibilité: "On méprise la situation sur le terrain. À 55 ans, si vous changez de fonction, vous irez à fond de peine", s'indigne Marie-Hélène Ska qui a également rappelé qu'à l'heure actuelle un différentiel de 300 euros existe déjà entre pensions des hommes et femmes et qu'il ne pourrait faire que s'accentuer avec la réforme actuelle. 

Les revendications des syndicats restent inchangées par rapport aux mobilisations précédentes: "Ce qui est injuste, c’est la pension à 67 ans pour tout le monde en 2030, c'est le recul de dix ans de la possibilité de prendre un crédit-temps de fin de carrière et la suppression pure et simple des revenus avec compléments d'entreprise", a énuméré Marie-Hélène Ska. "Et tout cela correspond à un appauvrissement général de la population."

"Ces discours des élites, ça s'appelle du mépris"

La population parlons-en. Que pense-t-elle de ces mouvements de grève successifs depuis 2014? "On a redistribué un million de gazettes pour expliquer la situation et nous pensons que les citoyens peuvent se forger leur propre opinion sur la pénibilité", affirme Marie-Hélène Ska visiblement agacée par celles ou ceux qui "veulent monter les générations les unes contre les autres".

La déléguée fait référence à une récente étude de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) selon laquelle deux tiers des jeunes seraient favorables à la réforme actuelle: "Après 5 ou 10 ans d’une vie de galère, [ces jeunes]se rendent compte que 45 ans à ce rythme-là, c’est intenable".

Reste que ce matin, on ne parle pas de grève nationale ou générale pour décrire les mouvements de protestation qui émailleront la journée. "La grève générale, c’est l’arme ultime" a déclaré Marie-Hélène Ska qui n'était pas non plus prête à s'asseoir à la table des négociations à n'importe quelles conditions:

"Notre but, c’est de discuter sereinement. Mais, lorsque l'on voit que nos collègues des services publics ont réussi à négocier un accord et que l’on ne sait pas aujourd'hui s'il va être honoré par le gouvernement, comment voulez-vous que nous nous mettions autour de la table?"

En attendant, la fin de législature approche et pour que la mise en oeuvre de la réforme des pensions puisse se faire dans deux ans, elle devrait absolument entrer en vigueur le 1er janvier 2019: "Pour nous, ce ne sera possible que si le gouvernement donne un signal clair en faveur de celles et ceux qui pourraient partir plus tôt sans être pénalisés ; et ce ne sera pas possible si les employeurs continuent à avoir une vision extrêmement fermée de la pénibilité", a martelé la représentante syndicale.

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