Marie-Christine Marghem sur le pacte énergétique:"On n'est jamais certain de réussir "

Les quatre ministres de l’Energie s’étaient mis d’accord sur un pacte énergétique à l’horizon 2050, pacte qui prévoyait la sortie du nucléaire en 2025. Mais la NVA juge que les données ne sont pas assez claires et refuse de s’engager sur cette voie. Le pacte énergétique verra le jour, mais en 2018, dit le premier Ministre.

Marie-Christine Marghem, la ministre fédérale de l’Energie, qui a piloté le pacte, ne se sent pas désavouée pour autant. " Les quatre ministres de l’Energie se sont mis d’accord sur une vision, pour la développer jusqu’en 2050 et pour imaginer des scénarios de substitution à l’énergie nucléaire. Cette vison, approuvée par la Région bruxelloise et la Région wallonne, ne deviendra un pacte énergétique que quand tous les gouvernements seront d’accord sur un texte commun. Et au fédéral on demande d’approfondir les chiffres ".

 Il faut faire un choix de société qui reste abordable

Mais s’agit-il seulement de précisions ? Ou d’une remise en cause plus profonde ? Car la NVA   doute de la sécurité d’approvisionnement et craint une facture à la hausse si on sort du nucléaire en 2025.  " Quand on crée de nouvelles capacités, elles coûtent, le temps nécessaire à leur amortissement. Les centrales au gaz vont coûter plus cher que des centrales nucléaires déjà amorties. Il faut faire un choix de société qui reste abordable "

Or, si l’on en croit Damien Ernst, professeur d’électromécanique à l’Université de Liège. La sortie du nucléaire en 2025 aura un coût élevé : " Entre 3.000 et 8.000 emplois perdus, un prix de l’électricité plus élevé sur le marché de gros, et 2 ou 3 milliards pour construire les nouvelles centrales au gaz ".  

Mais pour Marie-Christine Marghem, les centrales devront, tôt ou tard être remplacées. " Et toute nouvelle centrale crée coûte cher. Mais plus, on attend, plus ce sera problématique. Les centrales au gaz produisent plus de CO2. Mais mes collègues s’engagent à développer l’efficacité énergétiques de bâtiments et l’électrification des transports sur leur territoire pour faire diminuer les émissions de C02. Ca coûtera ce que toute nouvelle centrale coûte. C’est ce chiffrage-là qui nous est demandé par un partenaire du gouvernement (la NVA).  Pour le moment il n’apparaît pas. Et Le chiffrage de la facture future du consommateur non plus. Je vais travailler avec les Régions pour y arriver. 

Un pacte énergétique en 2018, incluant la sortie du nucléaire et validé par la NVA est-il réellement envisageable ? " Je ferai tout pour convaincre mes collègues du fédéral, particulièrement la NVA, sur base de chiffres ", dit la ministre. " On n’est jamais certain de réussir. Mais on peut en avoir la volonté, ce qui est mon cas ".

Marie-Christine Marghem  était interrogée par Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

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