Marianne Thyssen: "C'est à la Belgique de décider s'il est mieux pour la compétitivité de reporter l'équilibre à 2019"

La Commissaire européenne Marianne Thyssen rencontre ce jeudi les autorités belges fédérales et régionales ainsi que les interlocuteurs sociaux dans le cadre de ce qu'on appelle le semestre européen, c'est à dire l'encadrement des politiques budgétaires économiques et sociales des états membres.

Et on sait que la Commission à déjà mis en garde la Belgique sur sa situation budgétaire. L'annonce hier par le gouvernement fédéral d'un report à 2019 du retour à l'équilibre pose-t-elle un problème nouveau?

"On a vraiment dit à la fin de l'année dernière qu'il y avait un risque qui concerne le budget, précise Marianne Thyssen. On a formulé ces remarques sur base des estimations que l'on avait à ce moment là. Ce qu'on va utiliser pour vraiment juger quand on va décider du rapport qui doit être formulé au mois de mai, ce sont les chiffres réels. En ce qui concerne le budget, c'est très important de respecter les normes budgétaire que l'on a convenues avec la Commission Européenne. L'équilibre structurel, c'est quelque chose que la Commission n'a pas demandé à la Belgique d'obtenir pour 2018. Donc si la Belgique pense qu'il est mieux pour la compétitivité de reporter à l'année suivante, c'est aux autorités belges à juger de ça". 

Marianne Thyssen a par ailleurs souligné que le niveau de la dette belge était toujours trop élevé par rapport aux critères européens et qu'il convenait donc que le gouvernement prenne garde à respecter scrupuleusement les règles en matière de déficit.

La Commission tient en effet compte, pour son analyse de la réduction de la dette, de l'amélioration du déficit budgétaire structurel (sans les effets conjoncturels et les mesures 'one shot'), qui doit être d'au moins 0,6 point de pourcentage par an en moyenne.

Nous ne prendrons pas de décision idiote

Il serait "idiot" de vouloir à tout prix atteindre l'équilibre budgétaire en 2018, a affirmé jeudi le Premier ministre Charles Michel, après son entretien avec Marianne Thyssen. "Atteindre l'équilibre en 2018 serait possible, mais contreproductif", a commenté Charles Michel. "Nous sommes dans la bonne direction et nous ne prendrons pas de décisions idiotes", a-t-il martelé, avant de se déclarer "optimiste" sur la poursuite des réformes par son gouvernement.

Le conseil des ministres restreint ("kern") a opté mercredi pour une trajectoire budgétaire visant l'équilibre structurel en 2019 au lieu de 2018, se référant à une suggestion en ce sens du Conseil supérieur des Finances. La trajectoire adoptée prévoit une amélioration du solde structurel de 0,6% en 2018 et de 0,3% en 2019 pour atteindre l'équilibre.

"C'était un échange de vues intense, extrêmement utile", a commenté Charles Michel après la rencontre.

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