"Marghemgate": "Vous mentez tellement qu'on ne croit même plus le contraire"

Nollet à Marghem: "Vous mentez tellement qu'on ne croit même plus le contraire"
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Nollet à Marghem: "Vous mentez tellement qu'on ne croit même plus le contraire" - © ERIC LALMAND - BELGA

Les députés socialistes et écologistes demandent le retrait du projet de loi de la ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem. Projet qui autorise la prolongation des centrales nucléaires de Doel 1 et Doel 2. La ministre avait été convoquée d'urgence en Commission économie de la Chambre ce jeudi matin. Accusée de mensonge, de plagiat et de manipulation par l'opposition, elle devait s'expliquer à la demande unanime des groupes politiques de la Chambre. Un dessaisissement de la ministre est également réclamé. Du côté de la majorité, par contre, la ministre bénéficie toujours du soutien de l'ensemble du gouvernement fédéral, selon Charles Michel.

La Commission spéciale a débuté à 10h15 sans la ministre de l'Energie qui est arrivée avec plus de 20 minutes de retard.

D'entrée de jeu le PS a demandé que Marie-Christine Marghem retire son projet. Karine Lalieux (PS) demande ce retrait au nom de la sécurité juridique et de la sécurité d'approvisionnement. Elle demande "du bon sens" et dit "comprendre" qu'elle ait fait "de la rétention d'information" car l'avis du Conseil d'Etat était "assassin". Elle a rappelé ce qu'elle qualifie de "mensonges" et parle de "rupture de confiance".

Johan Vande Lanotte (sp.a), également dans l'opposition, estime comme le PS que l'avis du Conseil d'Etat remet en question le projet de loi : "Ce projet de loi, on peut le jeter", a-t-il dit. Par ailleurs, il qualifie son attitude "d'irresponsable", surtout dans cette matière. "Si vous voulez prolonger Doel1, présentez-nous un projet fiable", a-t-il déclaré avant de surenchérir : "Ce projet de loi s'appelle du mauvais plagiat, chaque année je vois un ou deux étudiants agir de la sorte et en payer les conséquences, mais manifestement cela ne dérange pas le gouvernement qui porte la responsabilité collective de ce qui se déroule".

Ecolo, lui, dit que la ministre libérale est dans une impasse juridique et qu'il faut examiner l'alternative qu'ils ont déposé. C'est déjà ce qu'a dit Zakia Khattabi, la coprésidente d'Ecolo, invitée de L'Acteur en Direct de Matin Première ce jeudi.

Chez Groen, Kristof Calvo a également demandé le retrait du texte et un débat sur les alternatives, appelant la majorité à se distancier de la ministre, en scandant "Pas en mon nom! ".

Précisons que, pour l'instant, personne ne parle de démission.

La réponse de la ministre Marghem

Peu après midi, Marie-Christine Marghem, après avoir écouté les critiques et s'être excusée de son retard, a commencé à prendre la parole. Elle a d'abord reconnu avoir pu "froisser" les membres de la Commission de par son comportement "volcanique". Elle a ensuite retracé les rétroactes du dossier sans vraiment répondre aux questions de l'opposition. Elle a toutefois dû reconnaître l'existence d'un avis du Conseil d'Etat rendant extrêmement problématique le redémarrage de Doel 1 sans étude d'incidences et sans enquête publique.

Mais du côté d'Ecolo, trop c'est trop : "Vous mentez tellement qu'on ne croit même plus le contraire de ce que vous dites", a déclaré Jean-Marc Nollet qui propose de reprendre les travaux mardi prochain sur les alternatives à la prolongation du nucléaire.

Même sentiment du côté du cdH : "Etes vous encore à même de gérer ce dossier ?", a demandé Michel de Lamotte dont le parti réclame le dessaisissement de la ministre sur ce dossier.

Le soutien de l'ensemble du gouvernement

Interrogé après la réunion de la Commission spéciale, le Premier ministre a rappelé, comme il l'avait déjà fait à la RTBF mercredi soir, son soutien à Marie-Christine Marghem. Un soutien qui, dit-il, provient de l'ensemble du gouvernement. Et d'ajouter : "Nous sommes particulièrement sereins".

Sur le fond, le Premier ministre parle de "choix clairs" de la part de la majorité pour garantir la sécurité d'approvisionnement électrique de la Belgique : "Il faut une sécurité d'approvisionnement dans les prochains mois. Il y a une nécessité de prendre rapidement des mesures à court terme. Nous avons fait le choix de prolonger les centrales de Doel 1 et 2".

Il a aussi rappeler la nécessité d'"être transparents" et de donner les informations au parlement. "Les travaux parlementaires doivent permettre de se forger une opinion avec les documents nécessaires", a reconnu Charles Michel en insistant sur la situation "paradoxale" qui s'est présentée.

Un amendement a été préparé mais n'a finalement pas été retenu. Entre-temps, le Conseil d'Etat a rendu son avis sur le texte. "C'est une situation un peu paradoxale et inédite : il y avait un avis du Conseil d'Etat sur un amendement que l'on n'a pas adopté", a-t-il expliqué.

 

C. Biourge avec P. Magos et C. Hick

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