Marghem à la FEB: les centrales nucléaires ne seront plus exploitées après 2025

La FEB se positionne en faveur du maintien de deux réacteurs après 2025
La FEB se positionne en faveur du maintien de deux réacteurs après 2025 - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

La ministre de l'Energie Marie-Christine Marghem (MR) "s'en tient à l'accord de gouvernement qui stipule que la période d'exploitation des centrales n'excédera pas 2025", répond-elle à la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), qui plaidait mardi dans la presse pour que deux centrales soient conservées au-delà de l'échéance.

L'administrateur-délégué Pieter Timmermans disait, dans un entretien accordé à La Libre Belgique, L'Echo, De Tijd et De Standaard que "fermer toutes les centrales en 2025, c'est prendre un très très grand risque".

Dans sa vision sur l'énergie, transmise aux ministres compétents de manière confidentielle avant les vacances, la FEB estime prématuré de vouloir sortir totalement du nucléaire en 2025. "Nous sommes d'accord avec l'objectif d'arrêter à terme le nucléaire. Mais il n'y a aucune étude qui prouve que, si l'on ferme les centrales en 2025, le coût de l'énergie sera moins élevé et que la sécurité d'approvisionnement sera garantie. 2025, c'est demain", a déclaré Pieter Timmermans à La Libre Belgique.

Le patronat recommande au gouvernement de bien réfléchir. "Nous ne sommes pas convaincus qu'il faut fermer toutes les centrales. Il faudrait en conserver deux", affirme Pieter Timmermans alors que la note de la FEB évoque même la piste d'un troisième réacteur à conserver au-­delà de 2025 pour atteindre entre 2000 et 3000 MW d'énergie nucléaire produite en Belgique.

"Il faut conserver les centrales les plus sécurisées", avance le patron des patrons sans trancher pour Doel en Flandre ou Tihange en Wallonie. "Sinon, que va­-t­-il se passer? Il faudra importer notre énergie", avertit Pieter Timmermans qui appelle a être "réaliste".

La ministre "prend acte" de ce point de vue, tout en indiquant qu'elle s'en tenait à l'accord de gouvernement et que, dès lors, "la période d'exploitation des centrales n'excédera pas 2025".

Réserves de l'Open Vld, du CD&V et du sp.a

La sortie du patron de la FEB a suscité une réaction mitigée du ministre flamand de l'Environnement, Bart Tommelein (Open Vld). "L'avenir, c'est le renouvelable", le nucléaire n'a pas sa place dans le mix énergétique du futur, dit-il d'abord, avant de s'interroger sur la question de l'approvisionnement. "Nous devons nous assurer que celui-ci soit garanti durant la transition vers le renouvelable."

Il renvoie finalement la balle au patronat. "J'attends avec impatience les propositions des entreprises pour accompagner la transition. En Flandre, bon nombre d'entre elles ont encore de sérieux efforts à fournir."

Pour le CD&V, un report de la sortie du nucléaire "ne peut être motivé par une mauvaise préparation". "Il n'y a plus de temps à perdre. Nous devons montrer de l'ambition et conclure rapidement un pacte énergétique", a réagi la députée Leen Dierick.

Les socialistes flamands abondent dans ce sens. Pour le sp.a, un "nouveau report serait néfaste pour le développement des énergies renouvelables".

La N-VA du côté de la FEB

La N-VA, contrairement à ses partenaires flamands au sein du gouvernement fédéral, partage la vision de la Fédération des Entreprises de Belgique au sujet de la sortie du nucléaire.

"La vision qui aurait dû mener à des actions concrètes depuis 2015 n'a toujours pas été mise en oeuvre, il est donc logique d'analyser toutes les options en termes d'approvisionnement et de coût", estime le député Bert Wollants.

Côté francophone, le porte-parole du ministre wallon de l’Énergie Jean-Luc Crucke n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet avant que les rencontres n'aient lieu entre les différents niveaux de pouvoir et d'avoir du "concret" en main.

Quant à la chef de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck, elle appelle sur Twitter à "un pacte énergétique entre tous les niveaux de pouvoir et intégrant la sortie du nucléaire", un acte qu'elle estime "ambitieux", appelant les acteurs à se mettre au travail urgemment.

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