Marche pour le climat: les élèves absents seront-ils punis?

A chaque direction d'école de décider si l'élève absent doit être sanctionné
A chaque direction d'école de décider si l'élève absent doit être sanctionné - © Tous droits réservés

La marche pour le climat a attiré 12.500 étudiants dans les rues de Bruxelles, dont de nombreux élèves qui ont brossé les cours pour y participer. Alors, jours de renvoi, heures de colle et autres punitions vont-elles suivre? Chaque direction d'école est libre de choisir mais parmi celles que nous avons contactées, le ton est plutôt à la compréhension. 

Des directions compréhensives voire, parfois, enthousiastes

Il y a, par exemple, les enthousiastes comme Etienne Bontemps, directeur de l'Institut de l'Assomption à Watermael-Boisfort. Il faut dire qu'ici, l'autonomie de l’élève et la transition écologique font partie du projet éducatif de l'établissement.

L'école a acheté 60 vélos pour le déplacement des élèves vers le centre sportif. Alors, quand plusieurs étudiants sont venus voir le directeur pour parler de la marche pour le climat, Etienne Bontemps a décidé d'encadrer cette initiative: "Je leur ai proposé de venir me voir individuellement, pour voir leur motivation, ce qu’il y avait là-derrière. Comme j’ai senti une réelle motivation, je leur ai proposé de pouvoir y aller, mais de se mettre en ordre au niveau des cours, d’être présent à l’école jusqu'à 10 heures et de revenir ici à 13h40 pour le cours suivant, d’avoir l’accord de leurs parents et enfin de poursuivre leur engagement en venant aussi à la manifestation avec les professeurs le dimanche 27 janvier." 

S'organiser pour la suite

Ainsi, à l'Institut de l'Assomption à Watermael-Boisfort, seuls les élèves des dernières années pouvaient participer à la marche. Le directeur réfléchit donc à faire évoluer le système pour les prochaines fois, pour que toutes les années puissent participer via une délégation d’élèves qui changerait chaque jeudi. 

Car des manifestations de ce genre, il risque bien d'y en avoir d'autres (c'est déjà la deuxième. La première avait eu lieu le 10 janvier dernier). A l'école Decroly à Uccle, la direction compte organiser un peu les choses pour les prochaines fois. Une réunion entre professeurs, éducateurs et direction se tiendra ce vendredi pour adopter une ligne de conduite claire. Cela dit, pour les élèves qui ont participé à la marche de ce jeudi, dont la plupart avait prévenu l'école avant, pas de soucis à se faire, aucune punition n'est à l'ordre du jour. 

A l'Alter Ecole de Clavier, en province de Liège, il n'est pas non plus question de sanction envers les absents. Un éducateur nous explique simplement que les élèves qui ont participé à la manifestation assumeront les conséquences de leurs actes.

Pour la ministre de l'enseignement, manifester le dimanche c'est bien aussi

Invitée dans Soir Première sur La Première, la ministre de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Martine Schyns (cdH) a expliqué soutenir le cœur du message et l'objectif des jeunes.

Par contre, sur la forme, la ministre n'est pas très favorable à la multiplication des absences scolaires: "Une participation à une marche comme celle-là, si elle ne rentre pas dans le projet pédagogique d'une école ou n'est pas accompagnée des enseignants, ça reste une journée où ils sont absents de l'école. Si j'avais un conseil à leur donner [...] il y a aussi la marche pour le climat du 27 janvier. Je ne peux que les encourager à manifester pendant ces moments-là. [...] Je peux rappeler que le mercredi après-midi existe aussi, pourquoi pas ce jour-là ."

Le message sera-t-il entendu? La réponse devrait arriver jeudi prochain.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK