Marc Vandercammen (ex-CRIOC) blanchi:"Les administrateurs ont mal géré les choses"

Marc Vandercammen (ex-CRIOC) blanchi:"Les administrateurs ont mal géré les choses"
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Marc Vandercammen (ex-CRIOC) blanchi:"Les administrateurs ont mal géré les choses" - © Tous droits réservés

Le Centre de recherches et d'information des organisations de consommateurs (CRIOC) va fermer ses portes : le gouvernement fédéral a décidé de ne plus le subsidier. Son ancien directeur, Marc Vandercammen, licencié en 2012, a réussi à faire condamner son ancien employeur.

Le tribunal a reconnu "ne pas disposer d'assez d'éléments pour démontrer l'existence des fautes" que le CRIOC imputait à son directeur pour justifier son licenciement. Le jugement remonte au mois de décembre.

Le 16 décembre 2014, deux ans après son licenciement, après la décision du tribunal du travail de Bruxelles, Marc Vandercammen avait en effet tout lieu de se réjouir : "La décision du tribunal consiste à dire que le CRIOC n’a pas respecté les règles légales en matière de licenciement et, d’autre part, le conseil d’administration du CRIOC me reprochait toute une série de choses. Et là le tribunal a déclaré clairement : il n’y a pas de reproche à faire, rien n’a été démontré par le CRIOC", indique-t-il.

Victoire morale

Marc Vandercammen parle de "victoire morale". Son seul regret est l'annonce il y a quelques jours de la fermeture du CRIOC, poursuit-il : "Depuis mon départ, et je n’y ferai pas une relation de cause à effet, le CRIOC n’a plus rien fait en termes de communication et d’action. Donc, au bout d’un certain temps, le gouvernement fédéral s’interroge sur le sens de subsidier encore un organisme qui ne fait rien, je peux le comprendre. Malheureusement, ça pose quand même des problèmes sur l’action que menait cet organisme. Il n’y a personne qui me remplace aujourd’hui."

Invité du 13 heures de la RTBF ce vendredi, il explique qu'il avait connaissance de la décision depuis décembre, il souhaitait garder son devoir de réserve, et n'avait pas voulu bousculer le CRIOC.

Regardez son interview dans le JT de 13h:

L’institution s'est "sabordée elle-même", explique-t-il, mais ce n'est certainement pas la faute du personnel, "qui se trouve dans une situation catastrophique au niveau humain, mais il y a sans doute pas mal de questions à poser au Conseil d'administration et à certains de ses membres".

Manque de compétences ? "Je crois qu'ils ont mal géré les choses depuis des années. La preuve, c'est qu'après mon départ ils n'ont plus jamais communiqué, ouvrant la porte aa ministre de l’Économie qui pouvait dire 'Regardez, le CRIOC ne sert plus à rien'".

Marc Vandercammen estime aussi que la difficulté des diverses associations de défense des consommateurs de travailler entre elles n'a pas facilité les choses. "Les missions du CRIOC ne sont pas exercées par d'autres organismes", regrette-t-il.

Poursuivre les administrateurs ?

Le CRIOC était condamné à mieux l'indemniser (20 mois de préavis et non 9) et des intérêts de retard. Et, dans le même temps, le tribunal déboutait le CRIOC d'une demande de dommages et intérêts sur base des trois fautes ayant conduit à son licenciement en juin 2012. Il était question de harcèlement moral sur le personnel, de manipulation des enquêtes, de mauvaise gestion. Des fautes que le CRIOC n'a pas établi à suffisance.

"Il y a beaucoup de questions. Je suis au même titre que tous les autres membres du personnel, qui doivent être indemnisés", mais le CRIOC n'a plus rien dans ses caisses... Il se réserve à présent le droit de poursuivre, à titre personnel, les administrateurs pour erreurs de gestion.

RTBF

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