Marc Van Ranst réplique aux attaques : "Heureusement que Georges-Louis Bouchez est politique et pas virologue"

Marc Van Ranst réplique aux attaques : "Heureusement que Georges-Louis Bouchez est politique et pas virologue"
Marc Van Ranst réplique aux attaques : "Heureusement que Georges-Louis Bouchez est politique et pas virologue" - © Tous droits réservés

Les relations sont tendues depuis quelques jours entre le président du MR Georges-Louis Bouchez et le virologue Marc Van Ranst. Le premier ne cesse de plaider pour la réouverture des coiffeurs, réfutant les études scientifiques belges mises en avant par le second qui défend sa liberté d’opinion.

"Tous les scientifiques sont assez d’accord sur la perspective d’ouverture des coiffeurs : il n’y en a pas pour l’instant", expliquait Marc Van Ranst ce mercredi sur le plateau de la VRT.

Quand vous êtes tous les jours dans les journaux, ce n’est plus donner une position, c’est militer

Cette déclaration a fait sursauter la chevelure du président du MR : "Nous avons décidé qu’il y aurait une évaluation quant à une éventuelle réouverture des coiffeurs le 5 février et Marc Van Ranst réplique le lendemain en disant : 'Non, il ne se passera rien pour les coiffeurs.' Les gens ont envie d’une communication qui se base sur la pédagogie et pas sur la peur. Désolé, mais venir 4-5 fois dans les médias et dire que ça va être la fin du monde n’aide pas les gens à accepter les mesures", explique-t-il ce jeudi sur Terzake (VRT).

Selon Georges-Louis Bouchez, Marc Van Ranst doit respecter son rôle de "conseiller payé" par l’État : "Vous lui donnez le conseil, c’est le politique qui décide et vous devez vous plier. Si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez reprendre votre liberté, mais vous ne pouvez pas jouer les deux rôles. Quand vous êtes tous les jours dans les journaux, ce n’est plus donner une position, c’est militer."

Réaction très décevante

"Ce n’est jamais moi qui me suis invité sur les plateaux. Je refuse de temps en temps des invitations", réplique le virologue sur le plateau de Terzake. Il considère la réaction de Georges-Louis Bouchez "très décevante". Et d’ajouter : "Cela fait un an que des certains experts et moi travaillons sans relâche et puis un président de parti réagit en disant : 'Ces gens sont payés.'"

Marc Van Ranst assure que les autres et lui n’ont pas été rémunérés pour leur conseil au gouvernement : "Monsieur Bouchez croit que nous, les professeurs d’université, sommes des genres de consultants, c’est une faute. Les consultants, on les paie très cher et ils ne disent rien. Ça ne fonctionne pas comme ça avec les experts et les professeurs d’université. Nous ne sommes pas des tueurs à gages, nous sommes là pour partager notre expertise et nous continuerons à le faire et peu importe ce qu’en pense Georges-Louis Bouchez."

Statistiques Inami remis en doute

Sur Twitter, Georges-Louis Bouchez remet en doute les rapports qui prouvent que les coiffeurs sont des vecteurs de la contamination auxquels font référence les scientifiques comme Marc Van Ranst : "On nous a parlé des chiffres de l’Inami, mais pas d’une étude américaine ou norvégienne."

Selon le président du MR, ce n’est pas parce qu’il y a un constat par rapport un métier de contact que la transmission a lieu dans le cadre de leurs activités. Il peut y avoir d’autres explications : habitudes de vie, les tranches d’âge, etc. "Si vous regardez les chiffres avec précision, je suis sûr que les hommes de 57 ans sont par exemple plus contaminés que ceux de 58 ans. Ça prouve quoi ? Rien du tout !"

"Quand vous fermez les établissements pendant six mois, si vous avez du respect pour eux, vous devez leur donner une explication précise sur les risques que l’on encoure dans leur établissement", ajoute le président libéral.

Parfois, je me dis heureusement qu’il est politique et pas virologue.

"Il s’agit de chiffres de l’Inami, c’est une étude de qualité qui montre que si tu exerces le métier de coiffeur, tu as plus de chances de tomber malade. C’est un fait", rétorque Marc Van Ranst. "Parfois, je me dis heureusement qu’il est politique et pas virologue."

Le virologue anversois souligne qu’en temps de crise, il vaut mieux plaider pour le principe de précaution : "Il est préférable de ne pas prendre le risque. D’après moi et de nombreux autres experts, cette étude est suffisamment fondée pour ne pas recommander la réouverture des coiffeurs pour l’instant."

 

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