Marc Van Ranst : "l’intimidation ne peut pas gagner, je vais continuer comme avant"

Le "plan été" a débuté hier avec la réouverture des restaurants en intérieur, des cinémas ou encore des salles de sport et s’il y en a un qui n’a pas pu en profiter c’est Marc Van Ranst et toute sa famille. Ils sont toujours placés sous haute sécurité à cause des menaces dont ils sont victimes de la part de l’ancien militaire Jurgen Conings, toujours en fuite. Le virologue de la KUL a décidé de ne pas se laisser intimider et de parler. Il était l’invité de Matin Première ce jeudi matin.

Marc Van Ranst a tenu tout d’abord à préciser que lui, sa femme et leur fils de 12 ans se portent bien vu les circonstances. Il relativise sa situation avec une touche d’humour : " Il y a d’autres personnes qui restent enfermées sur des plateformes pétrolières, des monastères ou des prisons donc ce n’est pas très difficile".

Nous sommes tous des citoyens qui ont le droit de s’exprimer

Son fils de 12 ans accompagne ses parents dans cette période compliquée : "Il suit des cours en ligne, on en profite aussi pour faire des jeux. Il est très courageux mais c’est difficile pour lui de rester enfermer".

Quant à la question de savoir s’il va rester cacher jusqu’à l’arrestation de Jurgen Conings, Marc Van Ranst a du mal à répondre : "Je ne pense pas. Je pense que notre vie va se normaliser même si on ne le retrouve pas. Pour le moment, on ne sait pas quand on sera libérés mais ça va aller".


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Malheureusement, le cas de Marc Van Ranst n’est pas un cas isolé : "Ça se passe dans d’autres pays aussi, peut-être pas si grave mais on a des tas de virologues qui vivent sous protection policière. C’est complètement fou mais ça ne me fait pas peur". Il ajoute : "Oui c’est vrai, ça fait 30 ans que j’ai l’extrême droite dans le viseur. Jurgen Conings est un symbole de résistance pour certains, c’est assez fou".

Marc Van Ranst ne compte pas pour autant se taire : "Ça ne marche pas comme ça. L’intimidation ne peut pas gagner, je vais continuer comme avant. […] Nous sommes tous des citoyens qui ont le droit de s’exprimer"

Les assouplissements

Le début du "plan été", Marc Van Ranst le vit de loin. Des assouplissements bien nécessaires selon lui mais il reste prudent : "Le paquet de mesures d’assouplissement est quand même énorme donc on doit rester prudent, la pandémie n’est pas finie. On a des variants Delta (indiens) qui ont commencé à se manifester en Grande Bretagne. Probablement que ce variant va venir ici donc ce n’est pas fini. Il ajoute en ce qui concerne la rentrée : "Ce n’est pas garanti à 100% que tout va continuer à aller bien mais c’est vrai que les chiffres sont bons pour l’instant".

Les autorités travaillent à ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs que l’été dernier. Pour Marc Van Ranst, la gestion de la suite de la crise est une responsabilité collective y compris pour les experts et la population. Une responsabilité collective que tout le monde devra endosser d’autant plus que la saisonnalité du virus n’est plus à prouver selon lui : "Bien sûr que ce virus est saisonnier comme tous les coronavirus mais on connaît les mesures qu’il faut prendre s’il y a un relâchement donc on est préparé. La seule chose qu’on doit faire pour éviter cela, c’est se faire vacciner", conclut-il.

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