Marc Uyttendaele, avocat de Delphine Boël: "On contraint au maintien d'un lien de paternité qui n'existe pas"

Le tribunal de première instance de Bruxelles a déclaré mardi la demande en désaveu de paternité de Jacques Boël, introduite par Delphine Boël, recevable mais non fondée. En clair, cela empêche cette dernière d'introduire une action en reconnaissance de paternité du roi Albert II.

En effet, selon le principe de la "possession d'état", s'il y a un lien affectif entre le père supposé et l'enfant, et que les deux se sont comportés comme père et fille durant des années, il n'y a pas lieu de contester la paternité.

Marc Uyttendaele, l'avocat de Delphine Boël, était l'invité du journal de 13h sur La Une ce mercredi. Il a confirmé que sa cliente irait en appel de la décision du tribunal. Il estime que la justice se trompe quand elle dit qu'il y a un lien affectif entre Delphine et Jacques Boël. "La justice se trompe et a sans doute mal lu nos conclusions. Nous démontrons de manière très très claire que précisément il n'y avait pas ce lien affectif".

Selon l'avocat, les rapports entre Delphine et Jacques Boël ont été "marqués par de l'indifférence, voire de la souffrance dans son chef à elle". En somme: "Rien que sur ce point là, la situation est contestable", estime-t-il.

Difficultés pour ouvrir des comptes bancaires

Marc Uyttendaele poursuit: "Jacques Boël dit à Delphine Boël: 'Tu n'es pas ma fille'. Elle dit: 'Tu n'es pas mon père'. Scientifiquement c'est prouvé. Personne ne conteste cette preuve scientifique". Dans ce contexte, "on contraint au maintien d'un lien de paternité qui de fait n'existe pas".

Quant à savoir dans quel état se trouve Delphine Boël, l'avocat répond: "On a perdu une bataille, mais comme cette guerre est juste, elle ne pourra être que gagnée in fine".

Et de conclure: "Delphine Boël a subi de véritables désagréments dans sa vie privée et professionnelle. Notamment avec des organismes bancaires qui refusaient de lui ouvrir des comptes parce qu'il y avait des doutes sur sa filiation".

L’affaire Delphine Boël un "cas unique"

Ce jugement rendu par le tribunal de première instance de Bruxelles était très attendu auprès des avocats spécialisés en droit de la famille. Le caractère unique de l’affaire Boël ne s’articule pas qu’autour de Delphine Boël, Jacques Boël et d’Albert 2. L’autre particularité de cette affaire est cette double demande de désaveux de paternité envers Jacques Boël: "En effet, c’est ce qui rend cette affaire exceptionnelle en termes de droit. Les demandeurs sont ici le père et la fille. Et malgré ça, la justice a décidé qu’il y avait bien un lien de filiation social et ce lien prime sur le lien biologique", explique Arnaud Gillard, avocat spécialisé en droit de la famille. 

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