Marc Goblet: "Si le gouvernement continue comme ça, il n'a qu'une solution, s'en aller"

Accusé de menteur par le MR, traité de "type primaire" utilisant son "troisième neurone actif" par Bart De Wever et la N-VA, Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, en prend pour son grade à l'approche de la grève générale de ce vendredi 24 juin.

"Je peux vous assurer que suis blindé", a-t-il réagi ce mardi dans Matin Première. "Mais par rapport à la position de Bart De Wever sur les Wallons, sur les francophones, je me pose quand même des questions du manque de réactions du MR, qui est aussi dans le gouvernement."

"Il dit qu'il n'en a rien à faire des francophones, ce n'est pas son problème. (…) Le MR est dans la coalition et doit être celui qui défend les francophones."

S'attaquer aux syndicats ? "Le dernier argument pour justifier l'austérité"

Et si les mots de Bart De Wever étaient si directement orientés vers Marc Goblet et les syndicats, c'est parce qu'il estime que les grèves ne servent à rien et divisent même le pays.

"Chacun son appréciation, son jugement sur l'intérêt et l'importance d'une grève…", balaie Marc Goblet. Pour lui, les partis au pouvoir n'ont plus d'autres arguments "pour justifier une politique d'austérité totalement injuste pour les plus faibles" que de "s'attaquer aux syndicats".

Mais Marc Goblet n'évoquera pas directement l'efficacité de l'outil grève, telle que celle, générale, qui se tiendra vendredi pour dénoncer, entre autres, la réforme du marché du travail portée par le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V).

"Chaque fois qu'il y a eu concertation, il y a eu compromis"

Par contre, sur les succès relatifs des différentes grèves récentes, SNCB et prisons en tête, le secrétaire général de la FGTB ne tire qu'une conclusion : "Dès le moment où on a permis qu'il y ait une réelle concertation, une libre négociation entre les employeurs et les organisations syndicales, un compromis est intervenu".

"Certes, nuance-t-il, un compromis ne satisfait jamais à 100% les parties, mais cela permet en tout cas de démontrer que la concertation sociale est encore possible. Et (dans le cas de la SNCB, ndlr) je peux vous assurer que je suis intervenu pour essayer de favoriser le fait que cette concertation ait lieu. Donc je ne suis pas sûr que l'on puisse dire de moi que je suis un sauvage…"

Prisons : "Il y aurait pu avoir un accord"

"Sur les prisons, poursuit-il, on est dans une situation où ce n'est plus possible pour les travailleurs d'évoluer dans ces conditions-là (des prisons au bord de la vétusté), et quand ils défendent leurs conditions de travail, ils défendent celles (de détention) des détenus, qui respectent donc les droits de l'Homme."

"Il y aurait pu avoir un accord, affirme encore Marc Goblet. On aurait augmenté l'effectif, et celui-ci aurait été adapté au fur et à mesure qu'on aurait amélioré les infrastructures, la sécurité, les conditions pour les détenus dans les prisons. Je pense que le gouvernement est dans une logique de vouloir imposer par la force et non pas par la concertation."

Les grèves successives, pas une stratégie

La CGSP avait un temps lancé que l'objectif était de "faire tomber le gouvernement", mais cette succession d'actions ou d'arrêts de travail, dans différents secteurs, n'était en rien une stratégie pour servir ce but, assure le syndicaliste.

"La FGTB, c'est six centrales, c'est seize régionales, qui sont toutes autonomes. Et ce sont elles qui décident d'actions sans nécessairement nous demander notre avis. Mais, moi, il est clair que, quand une centrale décide d'une action, je serai toujours du côté des travailleurs. Ce n'est pas à moi à juger (si c'est le bon moment ou la bonne stratégie, ndlr). À partir du moment où les travailleurs l'ont décidé, pour moi, en démocratie, celui qui s'exprime et qui a une majorité qui se dégage est celui qui doit être soutenu."

"Une solution : s'en aller"

Rejoint-il pour autant la CGSP en remettant en cause le gouvernement fédéral ? Oui. Visiblement. Tout en ne voulant pas, dit-il, critiquer un gouvernement qui a, tout de même, une "représentation parlementaire légitime", Marc Goblet ne fait pas autre chose.

"Si ce gouvernement continue sur la voie actuelle, dans le sens d'un non-respect de la concertation, et que, même lorsqu'on obtient un accord unanime au Groupe des 10, il le change, eh bien, cela veut dire qu'à ce moment-là, s'il ne veut pas changer son orientation, il n'y a qu'une solution : s'en aller."

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