Marc Goblet reste pessimiste: "Il n'y a pas de logique de concertation"

Patrons et syndicats doivent se mettre d'accord sur l'évolution des salaires pour la période 2015-2016, et sur la question du saut d'index notamment. 

Un scénario insuffisant pour la FGTB

Ce qui est proposé pour l'instant par les employeurs est un scénario en deux temps. Il y a d’abord une marge de 0,5% (qui permettrait en réalité une hausse de salaire brut de 0,375% en raison des cotisations sociales). À cela s'ajouterait une deuxième enveloppe représentant une hausse portant uniquement sur la rémunération nette, donc sans charge pour les entreprises, de 0,2% à 0,3%. Cependant, avec le maintien du saut d'index, Marc Goblet estime que "Ce qui est prévu ne compense absolument pas la parte du saut d’index."

Les négociations d’hier n'ont pas abouti, chaque partie ayant sa vision très différente sur le saut d'index. "Nous le disons depuis le début et nous avons fait la démonstration à plusieurs reprises: il est possible d'éviter le saut d’index. Par exemple, en réduisant l’écart salarial, en prenant la marge d’erreur maximale" explique le leader du syndicat socialiste.

"Les patrons ne doivent pas se mettre à la place du gouvernement"

Un projet de loi permettant de créer une base légale au saut d'index sera déposé au plus au parlement, a indiqué mercredi le ministre de l'Emploi Kris Peeters. Dans le même temps, du côté des patrons, on estime que l'on ne peut aller à l'encontre de la volonté du gouvernement et qu'il faut voter le saut d'index. Il n'est pas question de revenir là-dessus.

Un constat que refuse catégoriquement le côté syndical. Marc Goblet appelle à ne pas négliger les syndicats dans la concertation : "Il appartient aux patrons et aux syndicats de fixer marge salariale qui comprend l’indexation". Pour le secrétaire général de la FGTB, c'est l'incompréhension : "Quand les patrons se mettent à la place du gouvernement sans essayer de se concerter avec les interlocuteurs sociaux afin de voir si une autre proposition peut être faite, avec les mêmes objectifs de compétitivité, moi j’ai difficile à le comprendre".

Pas de réelle volonté d’accord au sein du patronat

Francis Gomez, président de la FGTB Liège Huy-Waremme, a annoncé mercredi qu’il déposerait un préavis de grève générale interprofessionnelle d'une durée illimitée, valable à partir du lundi 2 février prochain. Une décision justifiée par le blocage des négociations du Groupe des 10. "Ils n’ont jamais été dans une vraie logique de concertation où l’on analyse les enjeux économiques et les aspects pour les travailleurs", confirme Marc Goblet.

Le sentiment est pessimiste du côté des syndicats. Le constat, après un mois de négociations, est qu’il n’y a pas eu de réelle volonté du patronat d’arriver à un accord. "En tous cas sur l’aspect de la marge salariale" précise-t-il.  "Ils sont toujours restés sur la logique de leur saut d’index, même quand on leur a démontré qu’il n’y avait aucune utilité économique ou sociale. On est plutôt dans un cadre idéologique plutôt que dans un cadre de concertation".

Le début d'autres actions de grève ?

En l’état actuel, sauf changement de dernière minute sur les négociations, se dirige-ton vers la fin d’une trêve sociale et le début d’autres actions ? Le comité fédéral prévu aujourd’hui fera une évaluation des propositions mises sur la table avec les patrons. "Cette évaluation déterminera si l’on nous donne un autre mandat ou pas, et nous verrons si les propositions seront suffisantes. En fonction de cela, nous déciderons d’un autre plan d’action ou pas." L'attitude de la FGTB quant à de nouvelles actions dépendra donc de cette évaluation.

Avec un petit clin d'oeil à l'actualité et la victoire de Syriza en Grèce, la gauche radicale, Marc Goblet voit cela comme un signal. Pour le secrétaire de la FGTB, cela "montre qu’il y a des alternatives à la logique d’austérité voulue par l’Europe."

Marc Goblet rappelle que "Tout notre combat est sur un plan syndical", il met en garde: "mais si le gouvernement ne nous entend pas et n’entend qu’une seule partie, il est clair que nous devrons avoir des réactions à la hauteur des attaques qui sont faites à l’encontre des travailleurs et des allocataires sociaux. C’est eux que nous défendons, nous ne sommes pas dans une logique de combat politique", conclut-il.

La réunion avec les ministres fédéraux est prévue dès 16h. Si les partenaires sociaux ne parviennent pas s'accorder, alors c'est le gouvernement qui reprendra la main.

Y. Salami

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