Manifestation nationale: un rapport dénonce l'impréparation de la police

Manifestation nationale: un rapport dénonce l'impréparation de la police
Manifestation nationale: un rapport dénonce l'impréparation de la police - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Selon un rapport confidentiel interne de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles, les forces de l'ordre bruxelloises n'étaient prêtes sur aucun plan pour faire face le 6 novembre à la manifestation nationale qui a rassemblé plus de 100 000 personnes. Le rapport, dont le contenu est évoqué vendredi dans La Dernière Heure, dénonce notamment des préparatifs insuffisants pour cause de "routine".

Le document, daté du 18 novembre, pointe des manquements stratégiques, tactiques et techniques, des failles dans la coordination, et l'insuffisance des moyens matériels de protection individuels et collectifs.

Il en ressort également des manquements graves dans l'évacuation des blessés.

Le rapport met en outre fin à la polémique en révélant qu'à la manifestation, il avait été clairement déterminé que "le commandement opérationnel de la totalité du dispositif est assuré par le chef de corps de la police Bruxelles-Capitale-Ixelles", lequel "fait rapport au bourgmestre de Bruxelles".

Pour rappel, lors de la grande manifestation nationale du 6 novembre, quelques 200 casseurs s'en sont pris aux forces de l'ordre, faisant plus de 100 blessés parmi les policiers.

Les policiers ont bien reçu l'ordre de reculer (Le Vif)

C'est ce qu'affirme en tout cas le magazine Le Vif/L'Express, qui se base sur un document confidentiel, retraçant minute par minute, le déroulement des opérations. La consigne de l'état-major n'était pas un refus de secours, mais bien une reculade face aux casseurs détachés de la manifestation, nous apprennent nos confrères. Il a fallu trois heures d'incidents violents avant que la police commence à charger, raconte Marie-Cécile Royen (la journaliste auteur de l'enquête).

Le Vif/L'Express affirme aussi qu'il a fallu deux heures à la police pour contacter le bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Yvan Mayeur conteste sur toute la ligne cette information et déclare même avoir été disponible toute la journée pour les contacts avec les autorités policière qui géraient la manifestation.

Rappelons que le ministre de l'intérieur Jan Jambon a ouvert une enquête sur le déroulement des opérations. Et que 12 personnes ont été interpellées hier (jeudi) dans les trois régions du pays.

Parmi elles, une majorité de dockers anversois (7 pour être précis). Trois personnes ont été placées sous mandat d'arrêt. 4 suspects devront comparaître devant le tribunal correctionnel en décembre et en janvier. Deux personnes ont été libérées sous conditions, notamment de ne pas participer à de prochaines manifestations. Une personne doit encore être entendue par le juge d'instruction.

Enfin, le parquet de Bruxelles n'a pas exclu qu'il y ait encore d'autres arrestations dans les jours à venir.

RTBF avec Belga

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