Manifestation nationale: le MR invite les syndicats à préférer la concertation à la guérilla

Manifestation nationale: le MR invite les syndicats à préférer la concertation à la guérilla
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Manifestation nationale: le MR invite les syndicats à préférer la concertation à la guérilla - © BRUNO FAHY - BELGA

Le Mouvement réformateur a une nouvelle fois insisté mercredi sur l'action "sociale" promue par le gouvernement fédéral et exhorté les syndicats à "débattre de façon constructive" des mesures de création d'emplois, de sauvegarde de la sécurité sociale et de préservation du système de pensions en particulier. Le MR a rappelé l'ambition du gouvernement de privilégier le "dialogue social", une concertation avec le patronat qui ne peut toutefois "se dérouler dans un climat de guérilla permanente".

De 80 000 à 100 000 personnes, selon les sources, ont marché mercredi dans les rues de Bruxelles pour contester la politique du gouvernement Michel.

Face à la mobilisation syndicale, le président du MR Olivier Chastel a répété mercredi que l'action du gouvernement est motivée par la défense de ceux qui travaillent et de ceux qui créent du travail. "Nous ne laisserons personne au bord du chemin", a indiqué Olivier Chastel, rappelant l'objectif de création d'emplois et d'augmentation du pouvoir d'achat.

Il n'est pas correct de prétendre que les travailleurs ne récoltent que des miettes

Le président du MR a regretté que les syndicats "caricaturent" l'action du gouvernement. "La réforme fiscale prévoit une baisse très significative des charges patronales, qui permettra de créer des emplois", a-t-il assuré, faisant observer que "ces derniers jours, la FEB, Agoria, l'Union Wallonne des Entreprises, ont confirmé que ces mesures allaient dans le bon sens et créeraient de nouveaux emplois".

Olivier Chastel a notamment rappelé que le gouvernement s'était engagé à augmenter les bas et les moyens salaires de 100 euros par mois. "Ce gain est très significatif et compense largement l'augmentation de la TVA sur l'électricité ou le relèvement des accises sur le diesel", souligne-t-il.

Selon le parti du Premier ministre, "il n'est pas correct de prétendre que les travailleurs ne récoltent que des miettes ou que le gouvernement soutient aveuglément les patrons". La lutte contre la fraude, la contribution du secteur financier, la taxation des plus-values spéculatives ou le relèvement du précompte mobilier sont la preuve que chacun participe à l'effort, a-t-il mis en évidence.

Les syndicats fustigent un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant"

Le front commun syndical (FGTB, CSC et CGSLB) s'est exprimé mercredi sous les applaudissements en fin de manifestation nationale, aux abords de la gare du Midi, fustigeant un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant". Le message des syndicats n'a que très peu changé par rapport à l'année dernière: ils exigent un tax shift qui fasse également payer les riches, de mettre un terme à l'austérité et de protéger la sécurité sociale.

"Certaines grandes entreprises ne paient pas d'impôts, c'est un scandale. Ce gouvernement Michel n'a pas créé d'emplois; zéro, zéro, zéro", s'est indigné Rudy De Leeuw, président de la FGTB, ajoutant que les dirigeants menaient une "politique sociale indigne". "Nous ne pouvons pas nous laisser submerger par la peur. Ce ne sont pas les réfugiés le plus grand danger pour notre sécurité sociale, mais bien le gouvernement Michel. Une société solidaire, c'est le modèle de société que nous réclamons aujourd'hui et pour demain", a scandé M. De Leeuw.

Le représentant FGTB a également présenté une alternative: investir dans les secteurs publics et l'associatif, maintenir l'indexation automatique et introduire enfin une taxe sur le capital. "Protéger les riches est la priorité de ce gouvernement", estime Rudy De Leeuw qui regrette que "les entreprises reçoivent plus de subsides qu'elles ne payent d'impôts sur les sociétés".

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a souligné pour sa part le côté "asocial" du gouvernement, dont l'"accord déséquilibré menace gravement la cohésion sociale". "En un an, la facture des mesures prises par le gouvernement n'a cessé de gonfler. Toutes ces mesures ont été prises en dépit des manifestations et des actions syndicales menées en octobre, novembre et décembre 2014", a-t-elle ajouté, parlant en outre d'un gouvernement "arrogant" et d'un patronat "triomphateur".

L'action d'aujourd'hui n'est pas une fin mais un début

"Au sein même du gouvernement, on sait que ces 'mesurettes' ne fonctionnent pas et ne permettront pas de relancer la machine. Soyez donc honnêtes avec vous-mêmes et changez de cap. Le gouvernement doit reconnaître que ce qui est sur la table est imbuvable pour nous et que ce n'est pas, contrairement à ce que l'on nous répète, juste un mauvais moment à passer. Ce qui est en train de se passer est contraire à l'évolution et l'émancipation mais aussi contraire à l'efficacité. Il est donc inacceptable de se partager les miettes d'un menu déséquilibré qui dispose d'un bras long pour venir chercher les recettes des travailleurs et d'un bras bien plus court qui ne sert que les entrepreneurs", développe Marie-Hélène Ska. Elle a par ailleurs confirmé qu'un recours devant la Cour constitutionnelle serait déposé dans les semaines à venir pour contester la mesure actant le saut d'index.

"La presse qui disait que nous n'étions plus capables de mobiliser s'est largement trompée. L'action d'aujourd'hui n'est pas une fin mais un début", a lancé Marc Goblet à l'assemblée l'acclamant. Il a annoncé une première grève générale de 24 heures à Liège le 19 octobre, ainsi que d'autres en octobre, novembre et décembre dans l'ensemble des provinces. Il a pointé du doigt la "logique financière de certains entrepreneurs dont la seule volonté est de faire du profit" et appelé la majorité fédérale à davantage de dynamisme pour lutter contre la fraude fiscale, à l'instar de celui déployé contre la fraude sociale. Le secrétaire général de la FGTB a encore qualifié les membres du gouvernement Michel d'"illusionnistes, qui nous prennent vraiment pour des pigeons".

Marc Goblet a par ailleurs réagi à la communication faite plus tôt dans la journée par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), déclarant que les indicateurs repassaient progressivement au vert et qu'il fallait poursuivre sur la voie des réformes: "vivent-ils dans le même pays que nous? Ce n'est que de l'esbroufe; ils nous vendent du rêve", s'est énervé l'homme fort de la FGTB, soulignant l'arrogance et l'irrespect du patronat actuel. "Nous allons ouvrir une négociation au niveau du Groupe des dix", a-t-il confirmé.

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