Manifestation du non-marchand: "Pas une question de budget, mais de volonté politique"

Manifestation du non-marchand: "Pas une question de budget, mais de volonté politique"
Manifestation du non-marchand: "Pas une question de budget, mais de volonté politique" - © DIRK WAEM - BELGA

Ce mardi matin, 10 000 manifestants du secteur non-marchand sont attendus à Bruxelles où ils défileront pour protester notamment contre une grave pénurie de personnel. Le secteur non-marchand, ce sont les personnes qui travaillent dans les hôpitaux, les infirmières, les prestataires de soins à domicile, le personnel des maisons de repos ou encore celui de l’aide à la jeunesse. Outre la pénurie de personnel, les manifestants dénoncent également leurs conditions de travail et des salaires trop peu attractifs. 

Il y a urgence à réinvestir dans ces secteurs

Yves Hellendorff, secrétaire national du non-marchand à la CNE, la centrale nationale des employés, était l'invité de Mehdi Khelfat ce matin sur La Prem1ère. Pour lui, il est essentiel de réinvestir dans le secteur : "Ce qu’on réclame, c’est d’être pris en compte dans l’ensemble des moyens qui sont mis à disposition de la société. C’est-à-dire que nous répondons à des besoins sociaux importants, les soins de santé, l’aide aux personnes, la petite enfance, les personnes âgées,... et nous nous rendons compte que les moyens sont insuffisants pour répondre à ces besoins qui augmentent. Donc, pour nous, il y a urgence à réinvestir dans ces secteurs si on veut maintenir une société sociale ou ouverte, et en tout cas éviter les exclusions, la pauvreté, la fracture sociale".

La manifestation de ce mardi intervient au terme de plusieurs tentatives pour sensibiliser les pouvoirs publics aux difficultés que rencontre le secteur non-marchand. Des tentatives restées lettre morte. Pour Yves Hellendorff, ça suffit, il faut des réponses : "Ça fait maintenant des mois que nous avons déposé des cahiers de revendications dans les différents gouvernements, au Fédéral, aux Régions, aux Communautés. Et on nous lanterne, on nous fait attendre. On nous dit 'il n’y a pas d’argent en 2016, il n’y a pas d’argent en 2017, on va voir plus tard, on va chiffrer'. Tout ça traîne. Et pour nous, ça suffit, on en a marre, on veut vraiment des réponses. Ou bien les choix, c’est 'on ne veut plus investir là-dedans, chacun payera le prix fort pour avoir des services', ou bien en effet, 'on va créer des conditions de travail tenables, des métiers attractifs parce que demain on en aura besoin'. Et ici, maintenant, on a la certitude que les budgets de 2018 seront élaborés à l’été dans les différentes entités. Donc, on lance les 100 jours ici. Du 21 mars au 30 juin, c’est le Printemps du non-marchand. Le printemps sera chaud, il nous faut des réponses à ces cahiers de revendications d’ici le 30 juin".

Utiliser les fruits du taxshift pour répondre aux besoin du personnel

Mais une des difficultés du secteur, c'est notamment le fait que le non-marchand dépend de différents niveaux de pouvoir. "Il y a du boulot"! répond Yves Hellendorff, "Entre Maggie De Block et Kris Peeters au Fédéral ; on a alors du côté Région wallonne plutôt Prévot et Tillieux donc sur les soins de santé et l’emploi, l’aide sociale et l’emploi ; on a en Communauté française plutôt Alda Greoli pour tout ce qui est la petite enfance, le socio-culturel. (...) C’est du boulot, je vous le dis. Mais sérieusement, on y croit. Parce que ce qu’on veut, nous, c’est vraiment une société où grâce à du personnel qui a des conditions de travail tenables, on est capable de faire des services de qualité et on a les moyens pour le faire. Le gouvernement a donné 250 millions d’euros de cadeaux de réduction de cotisation de sécurité sociale avec le taxshift à l’ensemble des employeurs du non-marchand. On peut utiliser ces 250 millions d’euros pour répondre aux besoins du personnel. Donc pour nous, ce n’est pas une question de budget, c’est une question de volonté politique, quel est le modèle de société pour demain".

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