Manifestation devant l'ambassade du Maroc en Belgique pour Ali Aarrass

"Un rapport des Nations-Unies confirme qu'il a été torturé", rappelle Alexis Deswaef
"Un rapport des Nations-Unies confirme qu'il a été torturé", rappelle Alexis Deswaef - © ABDELHAK SENNA - AFP

Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées, mercredi de 11h30 à 13h30, devant l'ambassade du Maroc à Bruxelles pour demander des nouvelles de l'état de santé du prisonnier belgo-marocain Ali Aarrass, transporté mardi en soins intensifs à l'hôpital de Rabat, au Maroc. Une délégation a demandé en vain à être reçue. Elle n'a pas non plus pu obtenir des informations sur son état de santé.

Ali Aarrass a entamé sa sixième grève de la faim le 25 août dernier. "Je sais seulement qu'il est vivant", déplore sa sœur Farida. "Il est innocent. Si ce n'était pas le cas, je ne me mettrais pas dans un état pareil. On n'est pas de ce genre-là. On est des gens de principe et on sait que quand quelqu'un commet une erreur il faut qu'ils payent pour".

Elle rappelle qu'en 2009, le juge espagnol Balthazar Garzon a prononcé un non-lieu après un an d'enquête. Ce libraire belge de 53 ans a été extradé en 2010 par l'Espagne vers le Maroc, où il a été condamné en 2012 en appel à douze années de prison pour "utilisation illégale d'armes" et "appartenance à un groupe ayant l'intention de commettre des actes terroristes". Il assure que sa condamnation repose sur des aveux obtenus sous la torture.

"Un rapport des Nations-Unies confirme qu'il a été torturé", rappelle Alexis Deswaef, représentant de La Ligue des Droits de l'Homme (LDH). "Les Nations-Unies demandent sa libération immédiate en attendant la tenue d'un procès équitable. Après les condamnations de la Belgique en première instance et en appel à prêter une assistance consulaire à Ali Aarrass, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a seulement envoyé une lettre à son homologue marocain. Rien n'a vraiment été fait depuis. On sait que trois membres du gouvernement ont été au Maroc le mois dernier - à savoir le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, le ministre de la Défense Steven Vandeput et le secrétaire d'Etat Theo Francken - et ils n'ont pas dit avoir évoqué le cas d'Ali Aarrass." Il dénonce une discrimination des citoyens belges d'origine marocaine. "Le gouvernement se cache derrière le fait qu'il a la double nationalité. La nationalité prépondérante doit être prise en compte et c'est la nationalité belge. Il n'a jamais vécu au Maroc. Il faut savoir que toutes les personnes d'origine marocaine conservent leur nationalité marocaine, même si elles ne sont pas nées dans le pays." Ali Aarrass est né en Espagne et est arrivé à l'âge de 15 ans en Belgique.

Une tente sera montée dans l'après-midi devant le ministère des affaires étrangères. Plusieurs personnes feront une grève de la faim, à commencer par Farida Aarrass.

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