Manifestation devant l'ambassade d'Égypte à Bruxelles pour libérer Ahmed Samir Santawy

Une cinquantaine de personnes se sont mobilisées derrière la bannière d'Amnesty International, vendredi à 16h30, devant l'ambassade d'Égypte à Bruxelles, pour demander la libération immédiate d'Ahmed Samir Santawy (29 ans), un étudiant de nationalité égyptienne en master de sociologie et d'anthropologie à l'Université d'Europe centrale de Vienne (Autriche). Il a été arrêté le 1er février alors qu'il était en vacances dans sa famille en Égypte. Il est visé par une enquête pour terrorisme.

Les manifestants arboraient des portraits d'Ahmed Samir Santawy accompagnés du slogan "Free Ahmed".

Sa compagne Souheila Yildiz, qui a étudié l'arabe et l'islamologie à l'UGent et prévoit de faire un doctorat à la Vrije Universiteit Brussel (VUB), s'est exprimée en sa faveur. Ils envisageaient de s'installer prochainement à Gand et de s'y marier. Un message d'un de ses professeurs à Vienne a également été diffusé. Alexis Deswaef a pris la parole en sa qualité de vice-président de la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH).

Se débarrasser de toute personne quelque peu dérangeante

Amnesty International rapporte que des agents masqués et lourdement armés ont fait irruption au domicile de ses parents dans la nuit du 23 janvier. Ahmed n'était pas présent. Il s'est présenté de lui-même à la police le 1er février. "Après son arrestation, Ahmed a été victime d'une disparition forcée pendant cinq jours, au cours de laquelle les forces de sécurité l'auraient roué de coups et maintenu les yeux bandés, tout en l'interrogeant au sujet de sa présence sur les réseaux sociaux et de ses recherches", raconte Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. "Le 6 février, le service du procureur général de la Sûreté de l'État a ordonné son placement en détention jusqu'à la fin de l'enquête ouverte pour terrorisme". Le 2 mars, sa détention a été prolongée de 14 jours pour la troisième fois.

Ahmed Samir Santawy a déclaré avoir été interrogé au sujet de ses études et d'interventions sur Facebook, notamment sur la page "Révolutionnaires du 25 janvier", sur laquelle sont publiées des critiques sur le bilan des autorités en matière de droits humains. Il nie avoir alimenté ces publications.

"Lorsqu'on laisse les gouvernements jouer avec le mot 'terrorisme', cela peut mener à tout, à se débarrasser de toute personne quelque peu dérangeante", déplore Philippe Hensmans. Amnesty International Belgique souligne que ces dernières années, des milliers d'opposants politiques, réels ou supposés, ont été placés en détention provisoire pendant de longues périodes sur ordre du service du procureur général de la Sûreté de l'État en attendant les conclusions d'enquêtes ouvertes pour des charges infondées, notamment liées au terrorisme.

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