Manifestation des retraités de la GRAPA pour leur droit à une liberté de circulation

A l'appel du collectif GRAPA qui regroupe 47 associations, près d'une centaine de personnes ont manifesté lundi en début d'après-midi devant le service fédéral des pensions, situé dans la tour du Midi à Saint-Gilles, pour réclamer la fin des contrôles abusifs des aînés les plus paupérisés.

Des personnes âgées se sont enfermées dans des cages pour symboliser l'assignation à résidence. Elles ont scandé "Lâchez-nous la GRAPA" et "Pas de nouveau confinement pour les aînés en pauvreté". Un lâcher de ballons, attachés à des cordes estimées trop courtes, a été réalisé, pour exprimer leur volonté de voir les restrictions de leur liberté de mouvement relâchées.

Les manifestants appellent la ministre fédérale des Pensions Karine Lalieux à les libérer de cette obligation en pratique à demeurer à résidence et à mettre un terme aux contrôles décriés.

De nombreuses restrictions

Les bénéficiaires de la GRAPA ne peuvent pas se rendre à l'étranger plus de 29 jours par an, sous peine de voir leur allocation suspendue. Leur résidence en Belgique est vérifiée par les facteurs. En cas d'absence répétée constatée, ce dernier dépose un document de contrôle dans la boîte aux lettres. La personne visée dispose alors de cinq jours pour se présenter à son administration communale pour éviter que son allocation ne fasse l'objet d'une suspension.

"Les ayants droits à la GRAPA sont ainsi de facto condamnés à un quasi-confinement, à vie" dénoncent les associations dans leur communiqué. "En raison du danger de contamination par le virus SARS-Cov2, ces contrôles avaient été suspendus, mais le gouvernement n'a pas prolongé cette suspension au-delà du 1er octobre. L'inquiétude des ayants droit à la GRAPA est donc forte de revivre à court terme des assignations à résidence, et d'être à nouveau durement freinés dans leurs possibilités de rendre visite à leur famille lorsque celle-ci réside à l'étranger".


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Les organisations réunies au sein du collectif GRAPA, parmi lesquelles le Gang des vieux en colère, le mouvement social des aînés Enéo, OKRA, le Vrouwenraad, le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (Belgian Anti Poverty Network - BAPN) ou encore des syndicats, font valoir l'avis publié ce lundi matin par l'Institut fédéral des Droits humains (IFDH) et le Service de lutte contre la pauvreté. Selon celui-ci, les 29 jours autorisés à l'étranger constitueraient une discrimination visant les personnes âgées les plus paupérisées étant donné que la règle est de 90 jours par an pour les autres allocations sociales des retraités. De plus, ces instances défendent qu'une audition devrait être garantie avant toute sanction.

Pour rappel, la GRAPA (Garantie de Revenu Aux Personnes Âgées) est un complément de pension permettant aux personnes de plus de 65 ans isolées d'atteindre 1.232 euros par mois et 821 euros pour les cohabitants. Environ 65,5% des quelque 110.000 bénéficiaires de la GRAPA sont des femmes et 35% d'anciens indépendants.

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