Manifestation contre le racisme: "Peut-être que c'est le thème qui pose problème au MR?" dit Close

Les grands rassemblements sont toujours interdits en Belgique, afin de lutter contre l’épidémie de coronavirus. 10.000 personnes pour la manifestation contre les violences policières racistes, c’est un grand rassemblement, même si une grande majorité de manifestants portent des masques.

Le débat, ce lundi matin, dans tous les articles, dans toutes les interviews et même dans tous les posts des réseaux sociaux, c’est : "Fallait-il laisser enfreindre les règles sanitaires, parce que la cause est juste et noble ?"

C’est non pour la N-VA, non, pour la Première ministre Sophie Wilmès, non pour Denis Ducarme, qui déplore la non-intervention policière, et non, pour David Leisterh, président du MR Bruxellois, qui semble attendre une démission du bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, estimant qu'"il devra rendre des comptes" et "assumer".


►►► À lire aussi : Mireille Tsheudi-Robert : "La vie des noirs compte moins en Belgique"


"J’assume toujours, que ça se passe bien ou ça se passe mal, a répliqué ce matin Philippe Close sur Matin Première. Hier, on a dû faire la balance entre les règles sanitaires – et j’entends les virologues, et ils ont raison – l’ordre public et la liberté d’expression. C’est vrai que dans ce contexte, il eût mieux valu ne pas avoir de gros rassemblement, en même temps il faut entendre la colère qui existe".

"Une polémique par jour"

Colère qui, rappelle Philippe Close est loin d’être cantonnée à Bruxelles : "Peut-être que le MR ne s’en rend pas très bien compte, mais quand on a des manifestations à Londres, à Berlin, à Budapest, à Paris, partout dans le monde, il faut trouver une solution. Si on n’a pas compris ce qui se passait au niveau de cette manifestation au niveau mondial, alors on n’a rien compris, et la capitale de 500 millions d’Européens ne peut pas rester sourde à ça".

Qu’elles viennent de Georges-Louis Bouchez, de David Leisterh, de Denis Ducarme ou de Sophie Wilmès, Philippe Close balaie donc les critiques d'"un parti qui se nourrit d’une polémique par jour, c’est leur choix ".

Si on n’a pas compris ce qui se passait au niveau de cette manifestation au niveau mondial, alors on n’a rien compris

Il en veut pour preuve que la Première ministre déplore depuis jeudi qu’on ne trouve pas d’alternative… sans le contacter : "Mon téléphone était ouvert, depuis jeudi où elle déclare sans m’en avoir parlé que je vais trouver une solution, elle pouvait m’appeler jusque dimanche, et puis elle réagit. Donc tout ça est une organisation du MR pour nous mettre à mal".

Faire la balance

"Peut-être que les thèmes de cette manifestation leur posent problème", en conclut Philippe Close : "En tout cas je m’étonne que depuis samedi, on me menace des pires attaques, le président du MR s’est adressé à mon président de parti 'attention, je vais vraiment le flinguer là-dessus'".

Attaque très mal reçue par Georges-Louis Bouchez qui a répliqué, sur Twitter comme d’habitude.

 

Quant à la population, qui du mal à comprendre qu’on autorise une manifestation de 10.000 personnes, et qu’on interdise un barbecue à onze, comme le soulignait le virologue Marc Van Ranst, il se défend : "Toutes les situations sont exceptionnelles aujourd’hui, et on doit trouver cette balance avec l’expression publique, qui doit pouvoir exister- j’ai aussi accueilli des restaurateurs qui protestaient pour que l’Horeca rouvre !-. Aujourd’hui c’est ça le boulot d’un bourgmestre, faire l’équilibre entre les règles sanitaires et le fait que l’expression publique doit avoir lieu. On ne peut pas demander non plus en permanence à la population de contenir une colère".


►►► A lire aussi: Aux manifestants anti-racistes de dimanche : "Respectez strictement les gestes barrières et soyez attentifs aux symptomes"


Le virologue Emmanuel André semble aller dans ce sens, tout en demandant aux manifestants d'adopter durant les deux prochaines semaines les gestes-barrières...

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK