Manifestation à Bruxelles contre la réforme des pensions: entre 55.000 et 70.000 participants (photos et vidéos)

La police de Bruxelles estime à 55.000 le nombre de manifestants qui ont défilé ce mercredi. Les syndicats ont compté 70.000 personnes. La police n'a recensé aucun incident depuis le début de la marche. Les premiers manifestants ont atteint la gare du Midi, point de dislocation du cortège.

L'importante participation est une preuve de la détermination du mouvement, qui ne faiblira pas, prévient Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB. "Nous avons raison quand nous disons que la population n'accepte pas la politique du gouvernement. 70.000 personnes sont présentes à la manifestation mais des centaines de milliers sont d'accord avec nous. Le gouvernement ne doit pas y rester sourd, sous peine d'approfondir le gouffre entre le monde politique et les citoyens."

Le cortège avait quitté les alentours de la gare du Nord à Bruxelles, vers 11h, et entamé une marche pour défendre les pensions. A l'appel du front commun syndical, les manifestants ont protesté contre les réformes prévues par le gouvernement, notamment le projet de pension à points.

Munis de pancartes plaidant pour des pensions "justes" et au rythme des pétards, les manifestants ont quitté le boulevard Albert II où ils s'étaient réunis dès 10h. 

"Stop au massacre", s'est exclamé Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB. "Le gouvernement a pris l'habitude de s'en prendre aux plus faibles, aux chômeurs, aux malades et aux pensionnés. Il doit renoncer définitivement à l'introduction de la pension à points tant que nous n'avons pas discuté du fond de ce système."

Les syndicats réclament également une véritable reconnaissance de la pénibilité des carrières professionnelles. "Nous voulons un système de pensions digne et suffisant pour vivre, pas travailler plus pour gagner moins", ajoute Marie-Helene Ska, secrétaire générale de la CSC. "Cette marche est aussi un message envoyé aux employeurs, qui n'acceptent de prendre en compte la pénibilité que sur des points très précis. Ils doivent s'exprimer en faveur des travailleurs."

Les participants à la marche veulent profiter de l'événement pour expliquer la situation à la population et mettre en avant les financements alternatifs des pensions. "D'autres choix sont possibles", confirme Olivier Valentin, secrétaire national CGSLB. "On a l'impression que le gouvernement veut faire un système qui coûte moins cher, sans financement alternatif. Les gens qui continuent à travailler comme aujourd'hui auront une pension plus faible."

Plusieurs animations ont été d'ailleurs organisées le long du parcours pour évoquer ces alternatives. Devant la tour des Finances, les manifestants ont notamment lancé des avions en papier pour symboliser "les droits des travailleurs qui s'envolent".

"La voix du peuple"

Les organisations syndicales souhaitent donc que le gouvernement fédéral se montre "raisonnable" et écoute "la voix du peuple", souligne encore Robert Vertenueil. "Il fait une grosse erreur parce que, en se comportant comme il le fait, il creuse l'écart entre le politique et les citoyens. De nombreuses personnes ne se sont pas déplacées mais sont d'accord avec nous. Ces travailleurs se sentent totalement incompris."

Dans le cortège on pouvait voir des élus des partis d'opposition, Elio Di Rupo et Paul Magnette pour le Parti socialiste, ou Zoé Genot, députée bruxelloise Ecolo.

Le cortège a emprunté les boulevards Albert II, Botanique, Pachéco, de l'Impératrice, de l'Empereur avant de descendre la rue des Alexiens pour rejoindre le boulevard Lemonnier jusqu'à la gare du Midi.

Reportage et directs dans notre journal de la mi-journée

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