Maltraitance infantile: l'ONE s'inquiète de la diminution du nombre de signalements

Maltraitance infantile: l'ONE s'inquiète de la diminution du nombre de signalements
Maltraitance infantile: l'ONE s'inquiète de la diminution du nombre de signalements - © Tous droits réservés

L'Office national de l'Enfance a reçu entre 30 et 50% de signalements de cas de maltraitance infantile en moins pendant la période de confinement, a fait savoir vendredi l'ONE, qui s'inquiète de cette diminution significative. L'isolement social causé par les mesures de confinement rendent probablement la maltraitance moins visible, alerte le professeur Michel Dechamps, neuropédiatre et président du Comité d'accompagnement de l'enfance maltraitée (CAEM).

"Ces chiffres sont surprenants puisque les marqueurs devraient plutôt être au rouge au vu des circonstances actuelles", affirme le Pr Dechamps, contacté vendredi par Belga. En effet, le confinement peut, pour certaines personnes, constituer un vecteur d'isolement social, de difficultés financières, ou encore d'excès ou de manque de consommation de produits illicites. Autant de paramètres pouvant provoquer un bouleversement de la dynamique et une hausse des tensions au sein des ménages.

"De nombreux signalements de cas de maltraitance nous parviennent par des non-professionnels. Il peut notamment s'agir de la famille, de l'un des parents, des camarades d'école, des enseignants ou des agents PMS (psycho-médico-social, NDLR). Si les urgences pédiatriques permettent de repérer les victimes, les médecins généralistes ont interrompu leurs consultations à domicile", indique le professeur. "La fermeture des établissements scolaires a également empêché ce genre de contacts. Il se peut d'ailleurs que, le retour à l'école n'étant pas obligatoire, des adultes qui ont des choses à cacher empêchent les enfants victimes de violences de retrouver le milieu scolaire."

L'ONE affirme que, malgré des lacunes inévitables, une comparaison entre les chiffres des six derniers mois de 2019 et de 2020 permettra une analyse plus claire de l'évolution des cas de maltraitance infantile pendant la durée du confinement.

La négligence et les mauvais traitements physiques et affectifs peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement de l'enfant. Ils peuvent notamment provoquer des troubles du comportement, des symptômes de stress post-traumatique, une dégradation de l'estime de soi ainsi qu'un déficit de confiance accordé à autrui.

 

 

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