Malika El Aroud se dit "contre le terrorisme, mais pour le jihad"

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Malika El Aroud, présente au dernier jour du procès qui la voit comparaître avec huit autres personnes pour participation aux activités d'un groupe terroriste, a lu vendredi aux juges des passages d'une lettre qu'elle a écrite en prison.

Chaque prévenu a eu l'occasion de s'exprimer une dernière fois. Malika El Aroud, qui avait demandé la permission de ne plus assister aux audiences après la plaidoirie de son avocate lundi, a dû "beaucoup prendre sur elle pour revenir" vendredi. Mais "après avoir découvert son dossier lors du procès" et avoir "été souvent choquée par ce qui a été dit à son encontre", elle est venue lire une missive dense.

Le texte a cependant été écrémé après concertation d'urgence avec son avocate, pour en expurger les références à Hicham Beyayo.

Elle a expliqué s'être "jetée dans la gueule du loup" et n'avoir plus eu de répit depuis son retour en Belgique. Ses propos ont régulièrement été déformés par les médias, assure-t-elle. "Mais j'y réponds dans mon prochain livre, que je suis en train d'écrire."

Le site minbar-sos était une fenêtre où exprimer sa colère. "J'avais le choix entre me taire et résister, j'ai décidé de parler", poursuit Malika El Aroud, qui se dit "contre le terrorisme sous toutes ses formes, mais pour le jihad".

"Je suis Belge, même si ça ne saute pas aux yeux"

Elle a rejeté les soupçons de tentative d'évasion. "Je veux sortir en toute liberté pour aller embrasser ma fille."

Hicham Beyayo a quant à lui exprimé le souhait de "reprendre une vie normale, sereine, qui s'était arrêtée il y a deux ans et demi" quand il avait décidé de suivre Moez Garsallaoui.

"Je suis Belge, même si ça ne saute pas aux yeux. Je voudrais vraiment refermer la parenthèse. Je fais confiance à la Justice et j'espère que ce sera réciproque", a-t-il conclu.

Des excuses

Saïd Arissi a pour sa part tenu à s'excuser auprès de sa famille, du procureur fédéral et des enquêteurs. "Mon avocat m'a dit que je n'avais rien fait, à part foutre le bordel", a-t-il reconnu. "Dieu nous a placé les yeux à l'avant, c'est pour qu'on regarde devant nous."

"J'ai passé trois ans de ma vie ailleurs: j'ai fêté mes 27 ans en Syrie, mes 28 ans au Waziristan et mes 29 ans en prison. J'espère vraiment que le jour de mes 30 ans, le 22 juin, je serai dans ma famille", a-t-il expliqué.

Adulaziz Bastin s'est lui aussi excusé d'avoir pu faire croire "aux enquêteurs que je les menais en bateau". "Tout ce que je souhaite, c'est pouvoir reprendre ma famille, mon fils et mes études en main", a-t-il commenté. Son frère, Mohamed, s'est borné à répéter qu'il était innocent.

Quant à Jean Tréfois, il a à nouveau juré qu'il n'était "absolument pas au courant de la destination finale d'Hamza El Alami", parti au Waziristan et mort là-bas.

Le jugement sera rendu le 10 mai.


Belga

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