Majorité et opposition unanimes: la Belgique s'engage aux côtés de la France au Mali

Majorité et opposition unanimes: la Belgique s'engage aux côtés de la France au Mali
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Majorité et opposition unanimes: la Belgique s'engage aux côtés de la France au Mali - © Tous droits réservés

Le gouvernement et l'opposition sont unanimes: la Belgique participera avec deux C-130 et deux hélicoptères à l'opération Serval que mène la France au Mali pour contrer l'avancée des islamistes. Les écologistes et la N-VA ont approuvé la décision de la majorité. Ils ont toutefois souligné que l'engagement militaire ne suffira pas: il faut un dialogue politique.

Un C-130 se trouve déjà au Tchad (après un vol assuré au profit de la France dans le cadre du commandement européen du transport aérien, l'EATC) et l'autre doit quitter l'aéroport militaire dans l'après-midi et faire escale à Solenzara (Corse) pour embarquer du matériel militaire français à destination du Mali. "Ils seront opérationnels après-demain (jeudi) matin" pour des missions de transport stratégiques et tactiques, a ajouté Pieter De Crem (CD&V) devant la presse.

Pas de présence belge dans les zones de combat

Quant aux deux hélicoptères Agusta A109 médicalisés - afin que l'un soit opérationnel "en permanence" - ils n'entreront pas "dans la zone de combat" qui opposent les armées malienne et française aux islamistes armés qui occupent depuis neuf mois le nord du pays, a-t-il assuré.

"Toute présence de militaires belges dans les zones de combat est exclue", a précisé Elio Di Rupo. Selon le Premier ministre, le gouvernement se livrera à une évaluation de cette mission "avant échéance" ("fin février début mars", selon le ministre de la Défense, alors que son collègue des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR) citait la date du 1er mars). Un groupe de suivi inter-cabinet est institué pour veiller au respect des modalités d'engagement opérationnel et financiers. Le Parlement sera bien entendu tenu informé, a-t-il ajouté.

Les coûts de la participation belge (quelque 650 000 euros par mois, ndlr) seront pris essentiellement si pas intégralement sur le budget des opérations 2013 de la Défense, le cas échéant en substituant d'autres programmes prévus, a encore dit le chef du gouvernement.

Légitime

Selon Didier Reynders, cette mission mobilisera quelque 80 militaires belges. Mais ils ne seront pas impliqués dans les opérations de combat. Le chef de la diplomatie avait rappelé dans la matinée que la Belgique avait donné en septembre dernier déjà son accord à une participation à une intervention internationale émanant du gouvernement malien, avec le support de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) et de l'Union africaine (UA). "Le but est de céder le plus vite possible le relais à une opération internationale où nous continuerions à jouer un rôle", a-t-il ajouté.

A la sortie du Conseil ministériel restreint qui n'a été consacré qu'à la situation au Mali, Dider Reynders n'a ainsi pas exclu que les avions belges contribuent au déploiement accéléré des troupes de la Mission internationale de soutien au Mali (AFISMA) dirigée par la Cédéao.

Au sein du gouvernement, personne ne conteste l'opportunité d'une participation belge. Pour la vice-première cdH, Joëlle Milquet, l'opération serait "légitime", et "le Mali c'est pas loin". Pour les vice-premiers ministres Open Vld et sp.a, Alexander De Croo et Johan Vande Lanotte, il faut "écouter ce que le ministre de la Défense a à dire".

Les membres du Comité restreint ont souligné que ce type d'opération comporterait toujours des risques. Il faut "essayer de réduire les risques pour la sécurité de nos troupes", ont-il insisté mardi.

Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne tiendront pour leur part une réunion extraordinaire sur le Mali jeudi à Bruxelles.

L'opposition approuve la décision de la majorité

Le député de la N-VA Peter Luyckx a indiqué que la décision répondait à trois conditions: un mandat de l'ONU, un soutien régional suffisant et l'urgence de la situation, les islamistes disposant d'un important arsenal provenant de la guerre en Libye.

Pour le député écologiste Wouter De Vriendt (Groen), la contribution militaire belge servira à "protéger la population au Mali". Le député estime toutefois que la Belgique devra utiliser son appui comme levier pour exiger l'exécution intégrale de la résolution de l'ONU, y compris la demande formulée à l'armée malienne de ne pas interférer dans les affaires gouvernementales en vue de la recherche d'un compromis durable.

Les Verts estiment également que la coopération au développement devra être reprise.

Enfin, les écologistes attirent une nouvelle fois l'attention sur le rôle que doit jouer le parlement dans ce type de dossiers. Ils souhaitent que la Constitution soit modifiée de sorte que la Chambre se doive de marquer son aval, préalablement au déclenchement d'opérations militaires.


Belga

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