Malgré le décrochage scolaire, moins d’élèves participent aux cours de remédiation "Échec à l’échec"

Avec la crise du coronavirus, de nombreux élèves ont vu leur parcours d’études impacté. Avec les cours à distance, certains ont accumulé des lacunes ou ont tout simplement décroché comme le témoigne cet élève : "On a beaucoup de copains ici qui sont en décrochage scolaire et qui n’en peuvent vraiment plus. J’ai un copain qui a toujours son certificat. Il est peut-être venu un mois à l’école depuis la rentrée tellement il n’en peut plus. Tout le monde est à bout, tout le monde est en décrochage dans la classe. On fait parfois des sondages, on demande un peu, et c’est vraiment un carnage total chez les jeunes."

De nombreuses initiatives permettent néanmoins aux élèves de compenser leur retard avant la rentrée scolaire. C’est notamment le cas des ateliers de remédiation "Échec à l’échec" qui proposent des cours de rattrapages. Une dizaine de cours sur différentes matières sont organisés durant le mois d’août afin de remettre les élèves à niveau.

"Le but de l’opération est de combler les lacunes" précise Philippe Lange, le directeur régional d’Échec à l’échec à Mons et la région du Centre. "Nous travaillons par petits groupes de huit élèves. Le professeur va s’occuper de chaque élève en particulier. L’élève apportera donc son cours et on essaiera de combler les lacunes en dix fois 1h15".

Moins d’élèves à cause du Covid et du passage automatique à l’année supérieure

Pourtant, malgré les difficultés ressenties par de nombreux étudiants, le nombre d’inscrits à ces ateliers est en baisse :"On remarque une nette diminution du nombre de cycles d’élèves, au moins 5000 cycles de cours en moins".

Un engouement faible qui, pour le directeur, s’explique par deux phénomènes : "La Covid, évidemment, et le passage automatique de classe. Les chefs d’établissement ont reçu des instructions du ministère de la Communauté française demandant aux délibérations d’être bienveillants. Être bienveillant, ça veut dire pas d’examen de passage, de préférence. Les élèves ont donc vite compris qu’on les laissait facilement passer, d’où le redoublement exceptionnel. On remarquera que les élèves de première passaient déjà automatiquement en deuxième, puis arrive la Covid, les élèves passent de deuxième en troisième et de troisième en quatrième, d’où d’énormes lacunes qui se sont accumulées en deux ans. Donc, ce serait une catastrophe pour l’avenir."


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En plus du mois d’août, "Échec à l’échec" organise" également des cours de remédiation durant les vacances de Pâques. Et les organisateurs pourraient envisager d’autres ateliers durant la future année scolaire même si jusqu’ici, l’engouement était lui aussi limité : "On y avait songé, une semaine à la Toussaint, mais avec la Covid, on n’a pas eu beaucoup de succès", conclut Philippe Lange

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