Olivier Maingain: en liant immigration et sécurité sociale, "De Wever trompe l'opinion publique"

Le président de la N-VA Bart De Wever a créé une nouvelle polémique en publiant une opinion dans De Morgen, dans laquelle il affirmait qu'ouvrir les frontières aux migrants mettrait la sécurité sociale en péril. Le président du Parti socialiste Paul Magnette lui répond ce jeudi par une alternative: démocratie ou démagogie. Interrogé dans Matin Première, le président de DéFI Olivier Maingain se déclare "au-dessus de la mêlée" dans cette polémique : "Le grand acquis du libéralisme universel c'est de dire que tout être humain qui est sur cette Terre a des droits fondamentaux personnels, inaliénables, visant notamment à protéger son intégrité physique, sa dignité personnelle. Ce n'est pas un débat de gauche ou de droite, mais un débat philosophique sur ce que j'appelle le libéralisme social. C'est l'aboutissement de ce qui nous vient du siècle des lumières à travers la Révolution française".

"Bart De Wever trompe l'opinion publique"

"Bart De Wever est en train de tromper l'opinion publique quand il fait croire que l'immigration illégale est une menace sur la sécurité sociale. Je lui rappelle que quand on est en séjour illégal on ne bénéficie pas de la sécurité sociale belge. C'est faux ce qu'il affirme. Au mieux, sous certaines conditions, on a droit à l'accès aux soins de santé en urgence" poursuit Olivier Maingain. Bart De Wever n'est "pas acquis à l'idée de l'universalisme des droits humains, il est dans l'exaltation de l'identité nationaliste". 

"Je ne suis pas pour une régularisation collective et massive des sans-papiers, mais pas non plus pour ceux qui, au mépris de l'universalisme des droits humains, acceptent de collaborer avec un régime dictatorial pour expulser des gens qui sont chez nous" dit le président de DéFI, évoquant le renvoi de migrants soudanais vers Khartoum par le gouvernement fédéral.

"Contrairement à ce que tente de faire croire ce gouvernement, la protection des droits humains dit que quand il y a un risque d'atteinte, même en séjour illégal, vous êtes protégés dans des Etats comme le nôtre", affirme Olivier Maingain.

La nouvelle charte de DéFI met l'accent sur le concept de "libéralisme social": "C'est la recherche de nouveaux équilibres. Nous avons besoin d'une société apaisée qui concilie le dynamisme de la libre entreprise et la solidarité. Sans solidarité il n'y a pas de cohésion sociale" explique Olivier Maingain.

"Troisième voie"

Olivier Maingain souhaite qu'on "revienne au régime fiscal d'avant 1962, qui était très équitable, où tous les revenus étaient pris en compte, avec des déductibilités pour charges mais avec des taux de progression et tranches de base revues à la baisse". Selon lui, "ce qui tue le système fiscal belge, ce sont les niches fiscales. Il faut élargir la base et réduire la progressivité pour mieux protéger les revenus du travail pour ceux qui ont comme seul revenu leur travail".

DéFI ne s'alliera jamais ni avec la N-VA, ni avec le PTB, répète Olivier Maingain. En Wallonie, sa volonté est de "présenter la troisième voie pour éviter le vote vers les extrêmes".

Publifin

"Qui peut croire qu'on a réglé le problème Publifin tant que monsieur Moreau est toujours en train de tirer les ficelles? Il n'y a pas de volonté politique de mettre fin aux influences occultes d'un certain nombre de mandataires parce qu'ils se tiennent par la barbichette. Ce problème peut être réglé: il suffit de dissoudre l'intercommunale et de transférer les activités de Publifin à une filiale d'un organisme régional wallon, de l'inscrire dans une filiale de la SRIW. On préservera une activité économique utile, mais on mettra aux influences de certains partis dans Publifin. Mais cela demande une volonté politique d'un gouvernement: je ne la constate pas" dit encore Olivier Maingain.

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