Magnette et De Wever poursuivent leur mission jusqu'au 8 août

Magnette et De Wever poursuivent leur mission jusqu'au 8 août
Magnette et De Wever poursuivent leur mission jusqu'au 8 août - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) sont arrivés à 14h30 au palais pour remettre leur 1e rapport au Roi, 10 jours après le début de leur mission, et l’entretien a duré une bonne demi-heure environ.

A l'issue de cette entrevue intermédiaire, le communiqué officiel précise que "le Roi leur a demandé de réunir au plus vite les présidents de partis pouvant offrir une large assise à la formation d’un gouvernement. Ils feront un nouveau rapport le 8 août".

C'est laconique, mais on n'en attendait pas davantage à ce stade.

Discrétion et prudence

En arrivant au Palais, le binôme de circonstances n’avait pas sous le bras de véritable plan pour la formation (enfin) d’une nouvelle majorité fédérale, mais une note de travail.

Elle est le fruit de discussions en duo, une ébauche de compromis entre les programmes de deux partis que tout ou presque oppose, avec notamment des perspectives de réformes institutionnelles chères à la N-VA et certains accents plus sociaux réclamés par le PS.

Ce document est également imprégné par les rencontres entre les deux hommes et les leaders d’autres formations politiques.

La famille libérale au centre du jeu

"Je pense que nous avons maintenant une opportunité unique de former un gouvernement qui a un soutien dans le nord et le sud du pays. Il y a une volonté entre le PS et la N-VA, et nous, libéraux sommes également prêts à entamer des négociations gouvernementales, aussi vite que possible". Ainsi s’exprimait le nouveau président de l’Open VLD, Egbert Lachaert, ce vendredi matin De Tijd.

Son homologue au MR, Georges-Louis Bouchez parlait à l’unisson dans les colonnes du Soir, jurant qu’il n’y avait "jamais eu autant de proximité" entre bleus du Nord et du Sud.

Profitant du silence radio que s’est imposé le duo royal, les libéraux ont aussi concocté et fait la publicité de leur propre note, en insistant sur l’importance du volet socio-économique, "point fondamental, outre la gestion sanitaire de la pandémie", dixit Bouchez.

Le président des libéraux flamands se dit également ouvert à une discussion sur une potentielle nouvelle régionalisation de compétences, mais aussi a une éventuelle "refédéralisation" de certaines matières. Pas vraiment la tasse de thé des nationalistes de la N-VA…

Surtout, ils l’ont répété en chœur : le futur gouvernement fédéral se fera avec ou sans eux, avec le MR et l’Open VLD, ou sans ce couple uni. Ou si vous préférez, "samen uit, samen thuis", comme le précise Egbert Lachaert dans le quotidien flamand.

Or, PS et N-VA seraient tentés de viser la formation d’une coalition à six plutôt qu’à sept, en réunissant autour de leurs partis le CD&V, le cdH, le s.pa et une partie de la famille libérale, le MR ou l’Open VLD. Et donc ça coince.

Le MR pas si pressé que ça

Après la recherche d’un compromis autour d’un programme de gouvernement, après la difficulté de trouver les partenaires pour l’exécuter, un autre point semble compliquer les discussions : le MR est actuellement à la manœuvre dans le gouvernement de Sophie Wilmès, au sein duquel il est très bien représenté. Le président Bouchez ne serait donc pas le plus pressé de sortir de l’impasse sans fin, ce qui mettrait un terme à l’aventure, au risque de se retrouver les mains vides, après bientôt 6 ans de MR "au 16".

Plus de 14 mois après les élections, parier sur l’issue des tractations reste dès lors toujours très hasardeux. Mais il apparaît toutefois, selon différentes sources proches des principaux négociateurs, que 5 partis sont prêts a poursuivre les négociations (N-VA, PS, s.pa, CD&V et cdH). Mais il leur manque au moins un partenaire pour avoir une majorité à la Chambre. Et on en revient à la famille libérale...

Prochaine étape, le samedi 8 août.

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