Labille répond à De Block: les mutualités sont l'un des secteurs les plus contrôlés du pays

Maggie De Block veut la transparence financière des mutuelles
Maggie De Block veut la transparence financière des mutuelles - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Les mutualités sont l'un des secteurs les plus contrôlés du pays, a fait remarquer le secrétaire générale des Mutualités socialistes, Jean-Pascal Labille, à la suite d'une interview de la ministre de la Santé. Maggie De Block (Open VLD) dévoilait dans Le Soir les contours de son plan de bataille. Elle exige notamment des mutuelles transparence financière et diminution des conflits d'intérêts. Elle justifie les dépistages Ebola à Zaventem et veut également doter à moyen terme la Belgique d'une unité pour maladies hautement contagieuses.

Maggie De Block veut ainsi savoir "quelle part du budget est consacrée au traitement du remboursement. Les mutuelles ne doivent plus être les représentants exclusifs des patients, alors qu'elles sont aussi des dispensataires de soins. On ne sait plus si elles agissent pour les patients ou pour protéger leurs intérêts économiques", affirme-t-elle.

La ministre libérale veut en outre que chaque euro investi bénéficie vraiment à la santé et rationaliser le financement hospitalier autour du système du forfait.

La ministre de la Santé n'entend, enfin, trancher dans l'attribution de numéros Inami que sur base d'un véritable cadastre de l'activité médicale, "seul point de départ possible vers une solution durable". Elle dit "comprendre les jeunes manifestants, mais on leur a menti au début de leurs études. On savait que le lissage des numéros allait se terminer un jour ou l'autre! Ce n'était pas la solution."

Transparence

Solidaris conteste un manque de transparence des mutualités. Celles-ci sont soumises à l'Office de Contrôle des Mutualités (OCM) et à l'Inami qui procèdent à un double contrôle annuel. Les mutualités doivent également soumettre leur comptes à un réviseur d'entreprises et respecter la loi sur les marchés publics.

L'ex-ministre socialiste réfute aussi l'idée selon laquelle les mutualités défendraient des intérêts particuliers plutôt que l'intérêt collectif. Il invoque la suppression dans les hôpitaux des suppléments de chambre et d'honoraires dans les chambres communes et à deux lits que les mutualités ont défendue et obtenue, générant au passage une réduction de la facture des patients de 60 millions d'euros. Il rappelle aussi que, chaque année, lors de l'élaboration du budget de l'assurance maladie, les mutualités formulent des propositions pour améliorer le fonctionnement du système. Il cite à ce titre le renforcement de la forfaitarisation des chambres de jour ou des médicaments. 

"Tout patient en Belgique est tenu de s'affilier à une mutualité et c'est à ce titre que ces organismes peuvent et doivent prétendre à la représentativité de l'ensemble des patients. Représentant leurs affiliés, patients mais aussi cotisants, les mutualités sont un des acteurs les plus à même de faire des choix en faveur de la collectivité, de comprendre et de gérer les problèmes qu'ils traversent", souligne le secrétaire général.

Selon lui, le seul résultat sera un fractionnement et donc un affaiblissement des patients dans le modèle décisionnel.

Solidaris se dit "totalement disponible" pour une discussion avec Maggie De Block.

Belga