Maggie De Block : "Il faut attendre 8 à 10 jours pour voir si les mesures sont efficaces"

Elle est au cœur de la gestion de la crise du coronavirus. La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, répondait ce jeudi aux questions de Thomas Gadisseux.

Faut-il durcir les conditions de confinement ?

Maggie De block répond par la négative : "Il faut appliquer les mesures qui sont déjà en place, il est encore trop tôt pour savoir l'évolution du nombre de cas détectés et le nombre d’hospitalisations. On savait qu’il faut attendre 8 à 10 jours pour voir si les mesures sont efficaces. Je le répète: suivez bien les mesures mises en place, prenez soin de vous et réduisez vos contacts. C'est très important pour éviter que notre personnel soignant ait trop de patients en même temps dans nos hôpitaux".


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Prolongation des mesures de confinement ?

Ce vendredi aura lieu un nouveau Conseil national de sécurité (CNS). A quoi faut-il s'attendre ? "Nous tenons compte de l’avis des spécialistes et des scientifiques. Les experts font une évaluation de toutes les mesures et de ce qui se passe dans les hôpitaux. Il faut d’abord avoir cette analyse et puis on prendra des décisions. Je reste en contact régulier avec notre institut Sciensano et avec les analystes et je pense qu’il faudra être très prudent quand on arrêtera les mesures de confinement. Comme en Chine, après une stabilisation du nombre de patients dans nos hôpitaux, il faudra aller très progressivement vers un retour à la normale. Mais il faut d’abord avoir cette évaluation demain."

L’Absym épingle la ministre

L’Absym a épinglé mercredi les autorités belges sur leur manquement quant à l’application des directives internationales de l’OMS et déplore une nouvelle fois la pénurie de matériel de protection. 

L’Association belge des syndicats médicaux exhorte les autorités à enregistrer le nombre d’infections de tous les professionnels de la santé. "Actuellement en Belgique, nous ne connaissons pas le nombre de médecins, infirmiers ou autres professionnels de santé, infectés, malades ou hospitalisés."

Si l’OMS indique qu’il est essentiel d’enregistrer le nombre d’infections de tous les professionnels de la santé afin de pouvoir renforcer les mesures de protection sanitaire dans les plus brefs délais, l’institut public Sciensano affirme que "les cas confirmés chez les professionnels de santé ne doivent pas être déclarés sauf s’ils font partie d’un foyer dans une communauté résidentielle".

Le personnel soignant ne devant être dépisté qu’en cas de fièvre et de symptômes respiratoires chroniques, l’Absym avance que "de nombreuses personnes actives dans le secteur de la santé, y compris des médecins, ont sans aucun doute été contaminées en raison de la forte pénurie d’équipement de protection. Il se peut donc que les médecins contaminent leurs patients sans en être conscients."

Maggie De Block reconnaît que, "dans tout le pays, c’est le même problème, nous n’avons pas assez de moyens pour faire un testing généralisé. Il y a maintenant d’autres sortes de tests examinés par mon collègue Philippe De Backer, des tests basés sur la réaction des anticorps. Il y avait comme problème, qu’il y avait souvent des faux négatifs, on est train de régler cela et on aura ensuite la capacité de tester 10.000 personnes par jour. Et bien sûr, en priorité, le corps médical qui est en contact très proche avec les malades".

La semaine dernière, Maggie De Block a créé une taskforce COVID19-testing, sous la direction du Mmnistre Philippe De Backer. L’objectif est d’augmenter de manière significative la capacité de tester sur le COVID19.

Qui sera testé ?

Pour Maggie De Block, "on teste déjà ceux qui ont des signes comme de la fièvre et les patients pour lesquels on a des doutes. Avec plus de tests, on pourra aussi tester dans les centres de triage des médecins généralistes qui font un travail très important, car cela évite aux patients légèrement malades de venir encombrer les hôpitaux. Cette première ligne joue un rôle important, il faudra tester les patients et les médecins et quand on aura plus de capacité de tests, il faudra élargir le champ des tests, avec une technique qui est fiable".

Tracking des cas positifs

La Commission européenne devrait recevoir "dans les prochains jours" de la part de plusieurs opérateurs de télécoms des données de géolocalisation anonymisées afin d’anticiper les pics de propagation de l’épidémie de coronavirus, a indiqué mercredi une source à la Commission. Il s’agit à l’échelle d’une ville de comparer les déplacements de jour avec ceux de nuit.

Ces métadonnées, "anonymisées et agrégées", doivent servir au JRC, centre d’étude scientifique de la Commission, qui travaille sur des algorithmes pour analyser la propagation du virus. L’exploitation de ce type de données se fait déjà dans plusieurs Etats membres.

Pour Maggie De Block, "c’est aux Régions de prendre décision en la matière et pour l’instant les Régions n’ont pas les moyens nécessaires pour faire ce tracking des cas positifs, il faudra prendre des mesures".

Destruction des stocks de masques

Le Vif et Apache ont révélé lundi que des masques de protection FFP2, en pénurie aujourd’hui, avaient été détruits parce qu’ils étaient périmés. La Défense, qui entreposait cet équipement sur son site de Belgrade (Namur) dans des hangars non chauffés, a confirmé mardi cette destruction qui a eu lieu sur demande du SPF Santé publique en 2017 et 2018.

Pour ne pas devoir détruire à nouveau des stocks et les reconstituer, la ministre de la Santé, Maggie De Block, a préféré le principe d’un stock tournant dont une partie serait régulièrement mise sur le marché de manière à éviter la péremption du matériel, explique la ministre fédérale de la santé : "Acheter des masques sans plan revient à gaspiller l’argent du contribuable".

Faut-il réduire encore l’activité économique aux seules entreprises essentielles ?

Pour Maggie de Block, "poser la question c’est y répondre".

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