Made in Belgium : un outil pour retracer les rejets radioactifs

Un code belge pour retracer les rejets radioactifs
Un code belge pour retracer les rejets radioactifs - © DIRK WAEM - BELGA

Un jeune chercheur belge du Centre d’étude de l’énergie nucléaire SCK CEN a écrit un code qui permet de calculer l’origine d’un rejet radioactif, indique jeudi par communiqué l’institution. L’outil permet de se conformer plus strictement au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (de son abréviation anglaise CTBT) a été rédigé en 1996. Afin de détecter les explosions nucléaires, les 185 Etats membres travaillent avec un système de surveillance international composé de 337 stations. Si ce procédé leur permet de repérer la moindre augmentation de particules radioactives, l’origine exacte de cette activité reste toutefois inconnue.

Code statistique

C’est pourquoi Pieter De Meutter, 30 ans, a développé un code statistique qui permet de calculer l’emplacement de la source, la quantité de radioactivité libérée et l’heure, en tenant compte de facteurs tels que les précipitations ainsi que la vitesse et la direction du vent. Outre les traces d’essais nucléaires, le code peut également retracer l’origine d’une radioactivité d’origine naturelle ou de contamination historique, comme à Tchernobyl.

Le code est donc d’une grande utilité pour le CTBTO, l’organe international de supervision de ce traité. "Heureusement, la plupart des pays ne réalisent plus d’essais nucléaires", indique M. De Meutter. "A l’exception de la Corée du Nord, qui a procédé à six tests au cours des 15 dernières années."

Les Nord-Coréens réalisent leurs essais nucléaires en sous-sol. Il est donc plus difficile de recueillir des informations à ce sujet, car la quantité de radioactivité libérée est beaucoup moins importante. Le code conçu par M. De Meutter pourrait toutefois changer la donne à l’avenir. "Lors d’essais souterrains, du xénon radioactif peut être libéré. Un tel élément se retrouve également dans l’air par le biais d’utilisations civiles et pacifiques à l’instar des radio-isotopes médicaux. Un des futurs défis sera dès lors de filtrer l’abondance naturelle du xénon".


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Le code, auquel collaborent également deux institutions canadiennes, a été testé pour des cas déjà rapportés de rejet de radioactivité. "Nous voulons désormais également analyser des futures détections et travailler avec des données du passé, dont l’origine n’est pas encore connue", déclare M. De Meutter dont l’outil est en libre accès.

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