M. Modrikamen : "La victoire du FN va secouer le cocotier au niveau français"

Miscael Modrikamen (PP)
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Miscael Modrikamen (PP) - © RTBF

Le président du Parti Populaire (PP) Mischael Modrikamen commente la montée du Front national français au premier tour des élections régionales : "Cette victoire est surtout la faillite des politiques menées jusqu'à aujourd'hui, au niveau européen, par rapport à la crise des migrants, à la montée de l'islamisme, au terrorisme. Je pense que c'est une bonne chose dans la mesure où cela va secouer très fort le cocotier au niveau français, parce que les citoyens en ont assez du système UMP-PS, et que cette génération-là est décrédibilisée totalement". Pour autant, il ne soutient pas Marine Le Pen : "Je constate qu'il y a un processus général européen de remise en cause des politiques qui sont menées".

Au Parlement européen, le PP est allié au parti souverainiste "Debout la France" de Nicolas Dupont Aignan, rappelle Mischael Modrikamen. "Même s'il y avait beaucoup de choses à dire sur le FN sous le père, il y a clairement une évolution. En termes de respect des valeurs républicaines, on peut dire que Marine Le Pen a posé des actes forts, à commencer par le meurtre du père".

Démocratie

Faut-il vouloir la fin de la démocratie? "On se rend bien compte que le système tel que nous le connaissons, notamment au niveau européen, est moribond. Ceux qui ne le reconnaissent pas se mettent le doigt dans l'œil. Mais évidemment nous sommes profondément attachés aux valeurs démocratiques" déclare le président du PP.

Invasion

Le PP qualifie l'immigration venue du Moyen-Orient d'"invasion". Mischael Modrikamen se défend d'utiliser avec ce terme une rhétorique d'extrême-droite : "Des centaines de milliers ou des millions de personnes se pressent aux frontières, parmi lesquelles il y a un pourcentage infime de réfugiés, mais surtout des gens qui viennent tirer parti d'une situation".

Parlant des candidats à l'immigration qui arrivent en Belgique, le président du PP déclare: "Aujourd'hui, 15 à 20% des gens sont reconnus comme réfugiés, les autres ne sont pas reconnus mais ils restent. Ils savent qu'une fois qu'ils sont rentrés en Europe, ils peuvent être assurés de rester". Selon les statistiques de Myria publiées en octobre 2015, pour les huit premiers mois de 2015, le taux de reconnaissance du statut de réfugié en Belgique s'élève à 49,5%.

Screening

Le terme d'"invasion" n'est pas exagéré selon le président du PP : "Il y a un flux migratoire d'hommes jeunes, déterminés, qui ne partagent pas nos cultures, nos valeurs. Nous lisons les rapports de ce qui se passe dans les centres de migrants en Allemagne, où on voit remettre en cause l'égalité homme-femme, où on voit certains hommes musulmans venus du Moyen-Orient s'en prendre aux chrétiens. Je me réfère notamment à une grande enquête qui a été réalisée par le quotidien Die Welt, qui a fait le tour des centres migratoires en Allemagne. Comment en serait-il autrement? Ces gens viennent de pays qui sont actuellement traversés par des conflits terribles, religieux entre chiites et sunnites. On sait aussi qu'il y a une persécution massive des chrétiens. Certains emportent avec eux ce bagage. Croire qu'ils vont, du jour au lendemain, changer tout leur background parce qu'ils ont mis le pied en Europe, c'est se tromper".

Pour le PP, "ceux qui viennent en Europe en étant décidés à respecter nos valeurs, notamment l'égalité homme-femme, et le fait que la religion est un fait privé, modéré et mesuré, sont les bienvenus". Il demande aussi "un screening extrêmement serré pour ne pas laisser entrer les terroristes".

Revoyez ci-dessous l'interview de Mischael Modrikamen par Bertrand Henne

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