M. Modrikamen entre en fanfare sur le marché politique

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L'avocat d'affaires Mischaël Modrikamen a lancé jeudi un "appel à tous les électeurs, militants, élus et mandataires des autres partis" à rejoindre le parti populaire qu'il co-préside et dont il a officiellement annoncé l'existence en compagnie de Rudy Aernoudt. Analyse.

Le parti populaire dit "Assez!" à la particratie, à la situation de la justice et de l'enseignement qui se dégrade, à "l'immigration qui échappe à tout contrôle", a scandé Mischaël Modrikamen, disant vouloir s'engager "sans tabou" dans l'arène politique. Et de lancer un appel aux élus des autres formation à rejoindre le PP.

Mischaël Modrikamen a donc présenté jeudi à Bruxelles, avec Rudy Aernoudt, les lignes de force de son parti désormais doté d'un manifeste. Devant de nombreuses caméras et sous les crépitements des flashs, les co-présidents du PP ont dit vouloir remettre le citoyen au centre des enjeux politiques. Mischaël Modrikamen a également lancé un appel au financement du PP, un parti qu'il voit comme l'avant-garde d'un vaste "mouvement populaire". Mais un vaste mouvement sans le sou puisque, faute d'élu à ce stade, il ne bénéficie d'aucun financement public.

Sur son site, l'avocat rendu célèbre par sa défense des petits actionnaires dans le cadre du dossier Fortis, place l'action de son parti sous les termes "justice, solidarité et reponsabilité".

Le manifeste du parti populaire: un peu de tout...

Les deux hommes n'y vont pas avec des pincettes. Dès l'entame du manifeste, le ton est donné : la Belgique fonctionne mal et il faut simplifier. Ils proposent de supprimer les étages intermédiaires et les communautés au profit des seules régions, d'établir une "hiérarchie des normes" (en clair, les règles fédérales l'emporteraient sur les règles régionales), ou de supprimer la plupart des ministres et des parlementaires... Un langage qui devrait plaire à une part de l'électorat désemparé par la complexité du système institutionnel belge.

Le parti populaire veut également limiter les allocations de chômage dans le temps et affirme : "qui n'a jamais travaillé n'a pas droit aux allocations de chômage". Quant à ceux qui ne seraient pas en mesure de trouver un emploi, ils bénéficieraient d'une "politique de réinsertion dans la société".

On trouve ailleurs l'idée de reculer l'âge de la pension (et d'autoriser sans limite le travail des pensionnés), de favoriser le recours systématique aux médecines douces ou alternatives, de mettre davantage les mutuelles en concurrence en les amenant à passer elles-mêmes des accords avec les prestataires de soins, sur le modèle américain.

Justice, sécurité, immigration: tolérance zéro à tous les étages

En matière de justice et de sécurité, l'objectif est également au grand coup de balai. Exit, par exemple, la Cour de cassation, la Cour constitutionnelle et le Conseil d'Etat : bienvenue à la Cour suprême, la cour "tout-en-un", sur le modèle américain encore.

"Tolérance zéro" pour toutes les formes de criminalité et valorisation du rôle du policier sont également au menu. Tout comme le renforcement des mesures d'éloignement: pour le parti populaire, les condamnés récidivistes disposant de la double-nationalité devraient purger leur peine dans le "pays d'origine".

Le chapitre "Vivre ensemble" est exclusivement consacré à la question de l'immigration et à l'acquisition de la nationalité. Le système américain inspire cette fois encore les auteurs avec l'idée de la "green card" pour ceux qui viendraient remplir des fonctions où il y a pénurie de main d'oeuvre.

Le PP veut aussi mieux protéger la planète mais sans "dogmatisme" et grâce au nucléaire "la plus propre et la moins chère" des sources d'énergie. Il plaide, au plan international pour des Etats-Unis d'Europe au départ d'un groupe de pays déterminés à aller de l'avant.

Au final, le fond de sauce du manifeste du PP emprunte un peu à tous les programmes, piochant davantage à droite qu'à gauche. A un second niveau, il s'autorise  des positions plus dures et "radicales" où l'on retrouve davantage l'influence de que l'on appelle "la droite décomplexée" qui convoque l'identité nationale, la tolérance zéro ou encore les "valeurs" comme ingrédients d'une "révolution conservatrice".
A.S.

Le manifeste du PP peut être lu dans son intégralité ici

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