M-Ch Marghem (MR): "Je ne sens pas de déloyauté autour des négociations"

Les négociations se poursuivent bien et les fuites qui transpirent dans la presse sur la note de travail montrent l’intérêt qu’il y a pour son contenu, commente Marie-Christine Marghem. "Ces fuites ne sont que des éléments parcellaires et la note n’est qu’un point de départ. Il y a des arbitrages dans les négociations et il a été convenu que les négociateurs ne communiqueront que lorsqu’il y aura une plus-value."

A propos des nombreux allègements de charges évoqués dans la presse, tant pour les travailleurs que pour les entreprises, n’assistons-nous pas au rêve éveillé des négociateurs alors qu’il faudra faire des économies considérables ? Ce danger n’est pas à craindre selon Marie-Christine Marghem qui évoque l'existence d'un groupe de travail exclusivement chargé de l’aspect budgétaire, et chargé de chiffrer chacune des réformes fiscales envisagée.

Justice rapide ou expéditive?

Juriste et pénaliste, l’élue MR défend une justice plus rapide qui ne serait pas expéditive pour autant. "Il faut respecter la contradiction entre les deux parties dans un procès dont le citoyen est le centre ". Elle appelle de ses vœux la mise en pratique, dès ce 1er septembre, de la réforme judiciaire votée par la précédente majorité. " Il faut tout faire pour rendre cette réforme concrète dans l’organisation judiciaire par une plus grande mobilité et une spécialisation accrue des magistrats.

L’idée de justice accélérée existe déjà dans notre notre droit, argumente Marie-Christine Marghem: "Il existe déjà une possibilité de convoquer à quinzaine. De là à arriver à un délai 3 jours, cela ne change pas grand-chose. Nous allons examiner l’arrêt de la Cours constitutionnelle sur les droits de la défense. Et la victime sera mise le plus en avant dans les procès pénaux."

L'indispensable réforme du code pénal

Pour la pénaliste, toute accélération de la justice nécessite une réforme du Code pénal. "Il faut modifier le fond du droit et la procédure. Ensuite on peut essayer d’aller plus vite." Cette même réforme est nécessaire pour avancer dans la question des peines incompressibles. "On a déjà commencé à le faire pour les abus sexuels dans l’Eglise. On a obtenu de retarder l’éligibilité à la libération conditionnelle. Dans certains cas on ne peut pas demander cette libération avant les ¾ de la peine ".

Mais la question de la peine incompressible reste ouverte. "Cette solution est parfois nécessaire, mais il faut, pour cela un cadre cadre global sur le droit pénal (infractions et peines) et sur la procédure." M-Ch Marghem dit vouloir respecter l’équilibre entre les parties dans un procès : "Le condamné doit toujours conserver l’espoir de sortir. "

BHV judiciaire : on n’en parle plus

Le BHV judiciaire qui, selon la N-VA faisait la part trop belle aux francophones ne sera pas rediscuté: " Il n’y aura aucune demande institutionnelle. Nous discutons d’un programme socio-économique pour créer plus d’emplois et plus de richesses pour financer les pensions et les soins de santé et je ne sens pas de déloyauté autour des négociations. Il y a du sérieux et un minimum d’humour autour de la table."

Qui au MR pourrait monter au gouvernement fédéral ? C’est au président Charles Michel d’en juger estime l’élue libérale qui fournit une réponse en demi-teinte pour ce qui la concerne: "Nous devions gagner les élections, c’est fait; nous voulions participer au gouvernement, c’est en cours. Ensuite, il faut que notre président nous appelle. S’il me le demande, je répondrai oui."

Jean-Claude Verset

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