"Lynchage public" de l'officier de liaison: pour Ecolo, Jan Jambon a commis "une faute politique"

La commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les attentats du 22 mars travaille depuis 14 mois. Pour le député Ecolo Gilles Vanden Burre, membre de cette commission, c'est "normal" que les travaux prennent autant de temps: "On a dix chapitres, plus de 300 pages de conclusions, de recommandations et de description des faits. Il y a une volonté, de la part du président Patrick Dewael (Open Vld) d'arriver à un consensus sur le texte" explique-t-il, interrogé par Thomas Gadisseux dans Matin Prem1ère.

Selon lui, l'"enjeu politique le plus fort" en discussion tourne autour de Sébastien Joris, officier de liaison en poste à Istanbul, que le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA), "trois jours après les attentats du 22 mars, a pointé du doigt en disant que ce n'était pas la faute d'un service, mais la faute d'un homme, un officier de police qui a mal fait son travail. Il faisait peser tout la responsabilité des attentats du 22 mars sur ses épaules: c'était un lynchage public, il n'y a pas d'autre mot. On s'est rendu compte par la suite que c'était tout à fait erroné, et que les faits donnaient raison à l'officier de liaison. Jan Jambon est revenu et il est resté sur ses propos. Pour nous il y a eu une réelle faute politique de sa part: qu'un ministre de l'Intérieur, 3 jours après les plus graves attentats que connaissent notre pays pointe un seul homme comme le responsable, c'est pour nous tout à fait inacceptable".

 

"Mise en scène autour d'une démission"

Le 23 mars 2016, Jan Jambon et le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) ont présenté leur démission au Premier ministre: "Cela a été un jeu politique, une stratégie pour mettre la pression. Bart De Wever était présent à la table avec toute la hiérarchie policière; à un moment donné ils ont dû trouver un bouc émissaire, un fusible. Et ils s'en sont pris à cet officier de liaison basé en Turquie, Sébastien Joris. Et il y a eu toute une mise en scène autour d'une démission, qui relève d'une stratégie politique puisqu'objectivement il n'y a rien" poursuit Gilles Vanden Burre.

Mais l'objectif de la commission est de "pointer des responsabilités en termes de fonctionnement, de services. Mais ce ne sera pas la faute de monsieur X ou de madame Y, qui de sa propre initiative, a amené à une situation qui a donné les attentats".

Garde à vue

Dans le cadre de ses mesures anti-terroristes, le gouvernement veut allonger le délai de la garde à vue. Il faut pour cela modifier la Constitution, qui la limite à 24 heures. "Ecolo-Groen a déposé un texte de compromis, qui allonge le délai de garde à vue à 48 heures, ce qui est réclamé par de nombreux services. La majorité a annoncé 72 heures, dans un désir de musculation suite aux attentats de Paris. Au niveau du terrain il n'y a pas de demande d'aller à 72 heures.

Priver de liberté pendant 3 jours quelqu'un sans intervention de juge, pour nous ce n'est pas une manière efficace de lutter contre le terrorisme. Le problème de la proposition du gouvernement, c'est qu'il n'y a pas de maximum. Via une loi à majorité simple on pourrait encore allonger" au-delà de 72 heures. "Pour nous c'est l'excès qu'on ne peut pas valider" précise Gilles Vanden Burre.

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