Lutte contre le terrorisme: la sûreté de l'Etat manque d'agents parlant l'arabe

"En termes de sécurité, Bruxelles est le parfait exemple de chaos organisé"
"En termes de sécurité, Bruxelles est le parfait exemple de chaos organisé" - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

C'est le quotidien flamand De Morgen qui le révèle ce lundi: pas assez d'agents comprennent l'arabe à la sûreté de l'Etat. "C'est une des raisons pour laquelle la sûreté de l'Etat est passée à côté du fait que ces huit présumés terroristes ont utilisé Bruxelles, et principalement Molenbeek, comme base logistique pour les attentats de Paris", écrit le journal. Ce qui leur a permis d'acheter des explosifs et des armes en toute tranquillité, et de pouvoir louer des voitures pour commettre leurs méfaits. 

Un énorme problème

Ce problème de langue est "un énorme problème", confirme le bourgmestre de Vilvoorde, Hans Bonte (sp.a), toujours dans De Morgen. Selon lui, "peu ou pas d'agents de la sûreté de l'Etat sont arabophones". "Un manque de clairvoyance impardonnable", dit-il. 

Une information également confirmée par Brice De Ruyver, expert en sécurité, qui parle de "pénurie d'analystes et d'interprètes de langue arabe"

Cela prend du temps de recruter

De son côté, le ministre fédéral de la Justice affirme que "des efforts ont été faits pour résoudre ce problème depuis janvier 2015". Mais "il est vrai que cela prend du temps de recruter des profils spécifiques", justifie Koen Geens (CD&V).

"Depuis l'attaque de Charlie Hebdo et les attentats déjoués à Verviers, quatorze nouvelles personnes ont été embauchées", affirme-t-il au quotidien flamand. "En Novembre, il y a aussi eu 31 recrutements supplémentaires" et une nouvelle sélection est en cours, ajoute-t-il.

Quant à savoir combien, parmi ces nouvelles recrues, parlent l'arabe, il ne pouvait pas le dire.

En termes de sécurité, Bruxelles est le parfait exemple de chaos organisé

Autre problème soulevé par De Morgen: la coopération qui serait "difficile entre les 19 bourgmestres de Bruxelles et les six zones de police". Ce qui expliquerait "la politique antiterroriste chancelante" dans des communes comme Molenbeek et Anderlecht. C'est en tout cas ce qu'affirment le bourgmestre de Vilvoorde et cet expert en sécurité, Brice De Ruyver. 

Hans Bonte (sp.a) estime même qu'"en termes de sécurité, Bruxelles est le parfait exemple de chaos organisé"

De son côté, Brice De Ruyver estime que la meilleure solution pour éviter que des attentats comme ceux de Paris ne se reproduisent, il faudrait "une fusion des six zones de police. Ce qui permettrait de disposer d'un véritable corps de police composé de 5000 agents".

Par ailleurs, le Comité R, qui contrôle les services de renseignements et de sécurité au nom du parlement et du gouvernement, a ouvert une enquête sur la Sûreté de l'Etat et les services de renseignements militaires à propos du lien belge avec les attentats de Paris. C'est ce qu'a annoncé le magazine flamand MO*.

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