Lutte contre le radicalisme violent: numéro vert pour les familles désemparées

Lutte contre le radicalisme violent: numéro vert pour les familles désemparées
Lutte contre le radicalisme violent: numéro vert pour les familles désemparées - © AURORE BELOT - BELGA

En 2015, le numéro vert de la Fédération Wallonie-Bruxelles (0800/20 000) avait été étendu pour offrir aux familles désemparées par la radicalisation d'un de leurs membres une écoute et une aide juridique confidentielles et gratuites, une première en Belgique selon le ministre francophone de l'Aide à la jeunesse, Rachid Madrane. Depuis 2016, un nouveau numéro gratuit 0800.111.72- a été mis en place où l'on pourra, du lundi au samedi et de 8h00 à 20h00, être écouté et se faire conseiller par différents spécialistes (psychologue, islamologue, criminologue, assistant social, juriste, ...). Ceux-ci pourront au besoin recevoir ces personnes pour des entretiens en face à face ou renvoyer les appelants vers les différents services spécialisés pour appréhender ces questions.

"De nombreux parents ou proches de personnes qui se radicalisent, qui veulent partir ou qui reviennent de zones de combat, sont démunis", constate le ministre Madrane (PS).

Leurs questions sont multiples: que risque un mineur, un jeune adulte ou un détenu qui se radicalise, un jeune qui part combattre à l'étranger ou en revient, que risque sa famille, comment prévenir une plus forte radicalisation ?

Dans le cadre du plan de lutte contre le radicalisme violent en Fédération Wallonie-Bruxelles, le ministre a sollicité l'Ordre des barreaux francophones et germanophone (Avocat.be). L'aide juridique de première ligne a en effet été transférées à la Fédération par la 6e réforme de l'État.

Avec les services d'aide à la jeunesse, d'aide juridique et les maisons de justice, ils ont élaboré des fiches informatives, une brochure à l'intention du grand public ainsi qu'un dépliant tout public.

"On a mis en place ce numéro vert qui permet aux gens d'appeler de manière  tout à fait anonyme, et puis d'être orientés en fonction de la demande, du profil de la personne concernée", explique Rachid Madrane. Le lieu de résidence sera pris en compte pour les orienter vers des services proches "qui pourront les aider a mieux à trouver une série de réponses ou d'aide à toutes les questions qui peuvent se poser".

Des permanences sont aussi organisées dans les palais de justice, les justices de paix et les maisons de justice, ainsi qu'auprès de certaines administrations communales, CPAS ou asbl. Depuis plusieurs mois, des formations en ce sens sont dispensées aux professionnels de l'aide à la jeunesse et des maisons de justice. Les différents intervenants sont soumis au secret professionnel, garantie d'anonymat à l'exception d'un état de nécessité comme la menace d'un attentat imminent.

Une première en Belgique

"Ça manquait cruellement dans la Fédération Wallonie-Bruxelles, ça manquait dans le pays, et il fallait qu'on comble ce vide, commente le ministre. C'est une première en Belgique, et on le fait parce qu'on s'est vraiment rendu compte aujourd'hui qu'on a laissé ces familles un peu toutes seules".

"On ne fait pas qu'aider les familles: en faisant ça on protège aussi la société, ajoute-t-il. Ça va peut-être permettre d'éviter des départs, ça va peut-être permettre d’éviter à des jeunes de faire de grosses bêtises. Autant prendre le problème en amont tant qu'il est encore gérable avant que ça ne devienne un problème qui demande de gros moyens".

Pour Me Jean-Marc Picard, qui a travaillé sur ces outils, les documents mis à disposition sont d'autant plus pertinents qu'ils ont été rédigés par des professionnels du terrain ayant déjà été confrontés à des dossiers de ce type.

"C'est une mesure concrète, qui montre que les pouvoirs publics doivent avancer dans ce dossier, qui ne se résume pas à mettre des militaires dans les rues", a conclut Rachid Madrane. Il assure par ailleurs que la concertation sur les maisons de justice avec le ministre fédéral de la Justice, Koen Geens (CD&V), et le ministre flamand en charge de cette matière, Jo Vandeurzen (CD&V), se déroule dans un "très bon climat".

RTBF, avec Belga

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