Lutte contre le radicalisme : le FDF veut des "Assises de la laïcité"

Le FDF veut des assises de la laïcité
Le FDF veut des assises de la laïcité - © RTBF

C'est la saison des vœux politiques de Nouvel An. Le FDF, parti d'opposition francophone, a réagi aux attaques terroristes de Paris qui ont fait 17 victimes. Les Fédéralistes démocrates francophones vont déposer une proposition de loi pour lancer des "Assises de la laïcité" en Belgique. Ils réclament aussi des auditions au parlement sur les moyens budgétaires disponibles.

Pour Olivier Maingain, on n'ose pas, en Belgique, utiliser le terme de "laïcité de l’État". "Laïcité", au sens de séparation entre l’Église et l’État, et non pas au sens d'athéisme.

Il faut, pour le président du FDF, reparler de la laïcité de l’État. Ainsi, Olivier Maingain annonce que son parti va déposer une proposition de loi à la Chambre, pour convoquer en Belgique des "Assises de la laïcité".

Après "l'interculturalité"

Il y a déjà eu, dans notre pays, des "Assises de l'interculturalité". Elles ont accouché d'un rapport en novembre 2010. Au total, 68 recommandations parmi lesquelles l'interdiction du port du voile islamique dans l'enseignement jusqu'en 3ème secondaire.

Le comité recommandait aussi de revoir la formule actuelle des jours fériés pour tenir compte des différentes convictions religieuses ou philosophiques. Ces recommandations semblent aujourd'hui bien loin. Mais surtout, le FDF veut aller au-delà et faire adhérer les représentants religieux au principe de la séparation du culte et de l’État belge.

Revoir la loi sur les cultes

En France, les représentants du culte adhèrent tous au principe de la République laïque. Olivier Maingain veut entendre les responsables des cultes en Belgique à sujet et savoir s'ils partagent ce point de vue.

Le président du FDF propose de s'interroger sur le mode actuel de financement public des cultes. Faut-il par exemple, que des États étrangers participent à ce financement ? Faut-il conditionner l'aide de la Belgique à l'adhésion à certaines valeurs ?

L'armée dans la rue : un faux sentiment de sécurité

Olivier Maingain veut donc aborder le problème du terrorisme en prenant d'abord le temps du débat. "Avant de mettre l'armée dans la rue, - ce qui donne un faux sentiment de sécurité" - dit-il, "il faut faire l'état des lieux des moyens à disposition de la Sûreté de l’État ou de l'OCAM (Organe de coordination et d'analyse de la menace).

Faire le point sur les moyens

"Le paradoxe du gouvernement Michel", dit le président du FDF, "c'est de parler tout le temps de sécurité et de réduire les moyens de ceux qui en sont les garants". Olivier Maingain souhaite entendre en commission, au parlement, le témoignage des responsables concernés (OCAM, Sûreté). La première réponse "doit être budgétaire".

Le plan Vigipirate n'a rien empêché en France, souligne le président du FDF. Mais s'il survenait plusieurs attentats simultanés en Belgique, les services ne "seraient sans doute pas à même d'agir sur différents terrains au même moment".

Le FDF ne voit pas d'inconvénient à une extension des écoutes téléphoniques, pour autant que ce soit sous le contrôle d'un magistrat instructeur. Quant au retrait de la nationalité, pour les binationaux partis en Syrie, c'est une fausse bonne idée aux yeux du président du FDF. Ce serait "le meilleur moyen de les faire sortir de nos radars".

Test démocratique

Craignant un renforcement de la répression sans vision d'ensemble, le FDF estime que l'avenir sera un "bon test pour voir où se situe le véritable curseur démocratique de ce gouvernement".

J. Montay (avec B. Hupin)

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