Lutte contre le radicalisme: "La taskforce interfédérale n'a encore rien livré de concret"

Créée il y a un an, la taskforce n'a encore débouché sur aucune collaboration concrète entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées, a indiqué lundi le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte.
Créée il y a un an, la taskforce n'a encore débouché sur aucune collaboration concrète entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées, a indiqué lundi le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Créée il y a bientôt un an après les attentats de Paris contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher, la taskforce interfédérale de lutte contre le radicalisme n'a encore débouché sur aucune collaboration concrète entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées, a indiqué lundi le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte.

Mise sur pied sur base d'une décision du Comité de concertation le 28 janvier dernier, cette taskforce réunit sur base régulière les cabinets du Premier ministre, de la Justice, de l'Intérieur, ainsi que les ministres-présidents des entités fédérées.

"Ces réunions ont permis d'échanger des informations, mais elles n'ont pas encore livré de collaborations concrètes entre le fédéral et les entités fédérées", a reconnu M. Demotte (PS) en commission du parlement de la Fédération, où il était interrogé par les députés réformateurs Georges-Louis Bouchez et Gilles Mouyard.

Majorités asymétriques

Cette taskforce doit permettre aux différents niveaux de pouvoir, dans leurs domaines de compétences respectifs, d'unir leurs efforts pour lutter le plus efficacement contre le radicalisme en Belgique.

Mais dans une Belgique aux majorités asymétriques, cette collaboration semble toutefois problématique.

La dernière réunion de la taskforce, menée en décembre dernier, s'est ainsi attachée à identifier les "collaborations prioritaires" à mettre en place, ainsi qu'à clarifier les 18 mesures annoncées par le gouvernement fédéral après les attaques du 13 novembre à Paris et le "lockdown" de Bruxelles qui a suivi, a ajouté M. Demotte.

L'idée (du fédéral) d'imposer un bracelet électronique aux personnes connues pour des faits de radicalisme doit notamment y être discutée.

Suggestion de la ministre Milquet...

Déplorant l'absence d'action concertée entre entités en matière de radicalisme, la ministre de l'Éducation, Joëlle Milquet (cdH) avait suggéré la semaine dernière dans la presse de... créer une taskforce interfédérale en la matière, ignorant apparemment que celle-ci existait déjà.

En commission du Parlement lundi, les députés Bouchez et Mouyard se sont étonnés de cette sortie de la vice-présidente du gouvernement de la Fédération.

"Soit elle pèche par manque d'informations, soit elle veut brouiller les cartes, le débat démocratique" en faisant croire que les responsables politiques ne font rien, a commenté Georges-Louis Bouchez. Celui-ci a demandé au ministre-président de "rappeler la ministre à l'ordre".

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