Lutte contre l'Etat islamique: "Mission accomplie", sans perte, pour les forces spéciales belges en Irak

"Mission accomplie", lance le chef des opérations de l’armée belge, le général major Johan Peeters, devant la presse pour résumer l’opération Valiant Phoenix (OVP). Près de quatre années dans le nord de l'Irak : les membres du groupe des Forces spéciales (SFG) assistaient l’armée irakienne, et se sont retrouvés parfois même au contact des djihadistes de l’Etat islamique, avant leur défaite.

Quatre années en Irak

La Belgique se désengage militairement d'Irak. Avec le recul du groupe terroriste état islamique, la Défense s'est presque entièrement retirée fin 2018. Il reste cependant du personnel de soutien à la reconstruction et à la formation militaire sur place. L'essentiel des troupes belges envoyées en Irak dans la guerre contre le groupe terroriste Etat islamique étaient des forces spéciales... Des forces spéciales qui lèvent aujourd'hui un coin du voile sur leur mission irakienne.

Mossoul. On se souvient d'une véritable boucherie. Ce qu'on sait moins, c'est qu'une équipe médicale de la défense belge était présente. En soutien de nos troupes mais ce sont surtout des soldats irakiens qui ont été blessés. De janvier 2015 à fin novembre dernier, de 30 à 80 militaires belges ont, selon les périodes, été déployés en Irak à Bagdad et dans les environs de Mossoul et d’Erbil, dans le nord du pays pour "entraîner, assister et accompagner" des unités irakiennes et des peshmergas (combattants kurdes) dans le cadre de l’opération Inherent Resolve (OIR) dirigée par les Etats-Unis pour défaire militairement l’Etat islamique, alias Daech selon son acronyme arabe, et qui rassemble une soixantaine de pays et d’organisations.

Chirurgiens et forces spéciales

Les forces spéciales se font généralement discrètes. Leur déploiement n'est d'ailleurs pas toujours annoncé. Leur mission en Irak : la formation des troupes irakiennes. Mais aussi de la reconnaissance. Un travail en première ligne, proche des combats, avec l'appui des renseignements militaires belges, un mission risquée. Au total les forces spéciales belges auront participé à la neutralisation de 113 positions de l'état islamique. 

Sur le terrain, treize pays seulement étaient présents, les Belges formant avec des forces spéciales néerlandaises le Task Group 631 jusqu’en avril 2018. Ce détachement, pour la partie belge, était principalement composé de membres du SFG, avec le renfort d’autres unités : des commandos pour la conduite de véhicules protégés contre les engins explosifs improvisés (IED), la logistique, les transmissions, le renseignement et une équipe chirurgicale – un nouveau concept baptisé SOST (pour Special Operations Surgical Team) – qui a soigné plus de 360 blessés, principalement des militaires irakiens, mais aussi des journalistes français.

Selon le médecin colonel Bart Vanderheyden, cette équipe SOST a traité 2.591 patients et prodigué des soins à 360 blessés, dont 45 graves, principalement des militaires irakiens.

Mais elle a aussi aussi secouru trois journalistes français blessés en janvier 2017 dans l'explosion d'une mine à Mossoul en pleine bataille de reconquête de cette ville par l'armée irakienne, avec le soutien de la coalition internationale anti-Daech. Le fixeur irakien qui les accompagnait, Bakhtyiar Addad, avait été tué.

Visage masqué

En 2017, les militaires belges ont largement quitté Bagdad pour "monter vers le nord" dans la région d'Erbil. Et en 2018, ils ont participé avec leurs collègues irakiens "aux opérations offensives" de libération du nord du pays, selon le commandant du SFG, le lieutenant-colonel Etienne Schmitz.

Cette mission était loin d'être sans risque, a confirmé un chef d'équipe du SFG, "Steve", à des journalistes, le visage masqué par un foulard. Celui-ci  a effectué trois rotations de deux mois en Irak.

"Il a a des équipes de chez nous qui sont tombées au contact assez proche (avec des djihadistes). Ils ont fait usage de leur armement organique et puis ont fait appel à un support aérien", a ajouté "Steve".

Le détachement belge d'OVP a en effet notamment aidé, avec ses spécialistes, à guider des avions de combat de la coalition dans 113 frappes aériennes contre des cibles clairement identifiés comme étant "militaires de Daech", dont certaines effectuées par des F-16 belges, tout en essayant de réduire au maximum les dommages collatéraux.

Selon "Steve", la principale menace était la présence de nombreux engins explosifs improvisés heureusement "pas trop sophistiqués".

Quant au Service général du Renseignement et la Sécurité (SGRS), il a fourni des spécialistes qui ont notamment analysé des ordinateurs et des téléphones trouvés en zone de guerre et mené des "opérations secrètes" avec des agents undercover, afin de traquer des "Foreign Terrorist Fighters" et d'identifier leurs réseaux, selon son chef, le lieutenant-général Claude Van De Voorde.

"On se retire partiellement d'Irak", a souligné mercredi le général Peeters, en expliquant qu'une demi-douzaine de militaires y resteraient déployés en 2019, soit dans le cadre de l'opération "Inherent Resolve", soit au sein de la mission d'entraînement que l'Otan a lancée pour aider à la formation des forces de sécurité irakiennes.

Une cellule CIM ("Civil Information Management") composée de quatre militaires est aussi présente au sein du quartier général opérationnel d'OIR à Arifjan (Koweit), depuis le 1er novembre 2018 et pour une durée d'un an.

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