Louis Michel se sent "très malheureux" dans son parti

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Louis Michel, l'ancien homme fort du MR, se sent "très malheureux" d'être catalogué de "putschiste" par certains. Selon lui, tout le parti est sur la même ligne communautaire que le FDF d'Olivier Maingain, qui a pourtant affirmé préférer l'indépendance de la Flandre au confédéralisme.

La tension s'est ravivée au sein du MR après la désignation des sénateurs de Communauté par le parti. Interrogé par Bertrand Henne, le député européen Louis Michel explique : "On parle du choix de trois sénateurs de Communauté qui, par ailleurs, sont aussi députés à la Région et députés à la Communauté française. Donc c'est une casquette de plus qui n'apporte rien matériellement. Je voudrais dire ça aussi parce que parfois je vois sur Facebook et sur les blogs des élucubrations qui ne servent que l'antipolitisme. Les trois personnalités qui ont été choisies c'est Jacques Brotchi qui a été président des neurologues mondiaux, qui est une sommité mondiale, qui est un homme pacifique, apaisant, modéré et je crois que le pays en aura besoin et le Sénat lui irait comme un gant. C'est Christine Defraigne qui est une sénatrice talentueuse, qui s'est beaucoup investie dans le domaine de la justice, des droits de l'homme, des droits des femmes, les rapts parentaux".

Sous la précédente législature, Christine Defraigne "a été dégommée par une majorité du groupe" au Sénat, poursuit Louis Michel, "comme une majorité du groupe de la Communauté française a proposé, à plus des deux tiers, les trois candidats en question. Le troisième c'est Richard Miller, un penseur du parti qui a élaboré la nouvelle charte philosophique et politique du parti, que l'on n'a malheureusement pas pu populariser suffisamment parce qu'il y a eu les élections. Ces trois personnalités n'ont-elle pas le format pour être sénateur ?"

"Pas tout à fait" représenté par Olivier Maingain

Il n'y a pas de FDF parmi ces sénateurs "mais le FDF est extrêmement bien représenté dans toutes les instances. Il faut que toutes les composantes, que ce soit le MCC, que ce soient les libéraux de  toujours ou que ce soit le FDF, se sentent représentées dès lors que quelqu'un de ces trois composantes parle. Parce que in fine, il y a un parti. Ce n'est pas un cartel, c'est un parti qui s'appelle Mouvement réformateur. Moi j'aurais bien voulu qu'il y ait suffisamment de sénateurs de Communauté pour qu'il y ait un sénateur FDF. Je me sens représenté par tous ceux qui parlent au sein du MR", poursuit Louis Michel.
Lorsqu'Olivier Maingain dit qu'il préfère une Flandre indépendante plutôt qu'un Belgique confédérale, Louis Michel "aurait souhaité que, sur ce genre de propos, on ait au moins une discussion interne" ; il ne se sent dès lors "pas tout à fait" représenté par Olivier Maingain, même s'il est "totalement d'accord avec lui sur les thèses communautaires qu'il défend".

"Très très malheureux "
Louis Michel se sent "très très malheureux " dans son parti : "Je suis malheureux de me voir catalogué de 'putschiste', alors que ça fait maintenant plus de 40 ans que je milite. J'avais 16 ans quand je suis arrivé au parti libéral. Je crois avoir donné le meilleur de moi-même dans ce parti. Je crois y avoir apporté toute mon énergie, toute ma conviction, toute ma convivialité, tout mon esprit de compagnonnage, toute ma loyauté. Quand on me met dans un 'clan de putschistes', je me sens mal et je me sens blessé. Il n'y a pas de putschiste. Nous sommes des libéraux qui voulons que le parti ait une vraie convivialité, qu'on se parle, qu'on puisse travailler vraiment en équipe".
Même si Louis Michel déplore que le FDF, formation essentiellement bruxelloise, ait décidé "sans concertation" de créer des sections locales en Wallonie. "Ce n'est pas grave, mais cela peut irriter" certains libéraux, souligne-t-il, tout en précisant que le FDF "a toute sa place" au sein du MR. Louis Michel rappelle qu'il s'est "bien comporté" lors des élections législatives du 13 juin dernier, alors que le parti dans son ensemble a subi une défaite.

 

A.L. avec B. Henne

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