Louis Michel: "Ne pas voter MR, c'est voter pour l'Olivier"

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Louis Michel, ancien président du MR et actuellement député européen était notre invité sur le plateau du 7e jour ce dimanche. Il a déclaré ne pas avoir peur des élections. Il a également fustigé la préparation d'un Olivier.

Le plateau du 7e jour avait des airs de début de campagne électorale ce dimanche. Le député européen Louis Michel était l'invité de Thomas Gadisseux et d'Olivier Maroy. Il a commencé par commenter la crise politique que traverse notre pays, Louis Michel a exprimé un gros regret : qu'une réforme de l'Etat n'ait pas été envisagée en 2007, quand le MR était au gouvernement.  "Au lendemain des élections 2007, il fallait ouvrir des négociations pour une grande reforme de l'Etat dans notre pays parce que le temps était mûr. Madame Milquet a refusé, elle a bloqué la porte à des négociations car elle ne voulait pas d'une coalition Orange bleue, elle voulait déjà préparer l'Olivier." Et la présidente du cdH n'est pas la seule à subir les foudres de l'ancien président du MR. Louis Michel l'associe systématiquement à Ecolo et au PS.

Le MR contre tous

"Il faut que les gens sachent que quand ils ne votent pas pour le MR, ils votent pour cette coalition de gauche avec un retour en force de la fiscalité, des risques pour les pensions, des risques au niveau du financement de la sécurité sociale,... avec une vision de l'économie de marché et du dynamisme économique qui n'a rien à voir avec la vision libérale qu'on a donné à ce pays depuis dix ans" explique l'ancien ministre des Affaires étrangères. Et de pointer, aussi, ces trois partis comme responsables des critiques adressées ces derniers jours au FDF Olivier Maingain. "Aujourd'hui, je suis surpris de constater qu'au moins trois partis francophones accusent monsieur Maingain. Alors oui, monsieur Maingain a sa propre sémantique et son style,... mais qu'a-t-il dit d'autre que ce que les francophones ont toujours dit ? Je pense que l'unité francophone a été d'une certaine manière fondée par le discours de monsieur Maingain." Olivier Maingain est-t-il allé été trop loin ? "Non, chacun a son style, ça c'est sûr. Mais la première personne qui a jeté de l'huile sur le feu par rapport à la note de monsieur Dehaene c'est madame Milquet qui a estimé qu'elle n'était pas suffisante, qu'elle était trop flamande. Qu'après, monsieur Maingain en ai remis une couche, probablement... J'entends mesdames Onkelinx et Milquet dire que dans le fond, on peut très bien partir de ce que monsieur Dehaene avait proposé, ce que je crois aussi. Mais on est déjà prêt à toutes les concessions et ça c'est une erreur. Ce qui est important, c'est que les francophones soient unis, prêts à négocier."

Une presse omniprésente

Louis Michel précise que le travail de la presse dans la politique belge peut parfois perturber le dialogue. "Il y a une chose qui m'angoisse très fort, c'est qu'on ne se parle plus de communauté à communauté que par vous. Par la presse, par des éditorialistes, avec des petites phrases, avec des petits coups, avec des petites grimaces,... Ce n'est pas faire de la politique, ça. Moi j'ai toujours entretenu les meilleurs rapports avec les leaders démocratiques flamands, on pouvait se parler, on pouvait s'écouter et s'entendre."

Une note pas si mauvaise

Quant à la note rédigée par Jean-Luc Dehaene , qualifiée d'"imbuvable" par le président du FDF Olivier Maingain, elle récolte un avis plus mitigé de la part de Louis Michel. "J'ai vu dans la note Dehaene qu'il y a avait toute une série de manquements par rapport aux attentes des francophones. Mais on pouvait encore l'enrichir." a-t-il déclaré.

Mais avant de se remettre autour de la table pour tenter de résoudre le casse-tête de BHV, c'est la campagne électorale qui va occuper les partis politiques durant les prochains mois. "On est tous en campagne électorale alors on essaye d'apparaître comme les sages, les mesurés, ceux qui veulent un accord et l'ont toujours voulu, ce qui est totalement faux pour certains. Et puis, une autre réalité c'est la préparation, à brides abattues, du terrain pour une coalition Olivier et tout ça est légitime, mais l'électeur doit savoir que s'il ne vote pas MR, il vote pour cette coalition" rajoute, à plusieurs reprises, le Jodoignois, qui se déclare encore "disponible pour son parti et disponible pour aider à trouver des solutions aux problèmes communautaires." Il participera donc bel et bien à la campagne électorale, vraisemblablement pas à Bruxelles, mais peut-être au Sénat. "Je suis un brabançon wallon. Je n'ai pas le sentiment que Bruxelles soit mon terrain de prédilection, même si je suis populaire à Bruxelles. Mais y a pas qu'à Bruxelles  que je suis populaire vous savez. Au Sénat, je pense que je pourrai aussi aider, je ne suis pas demandeur pour être tête de liste au Sénat puisque je suis encore député européen pour au moins quatre ans."

Même pas peur d'une grande réforme de l'Etat

Par contre pour négocier une réforme de l'Etat, Louis Michel signe des deux mains. "Oui, je suis disponible pour une réforme de l'Etat. Je ne demande pas mieux que d'aider ce pays à se sauver. Moi, je n'ai pas peur. On va trouver une solution à ce problème de BHV, à condition qu'on puisse accepter de redessiner une Belgique qui peut fonctionner. Et donc il faudra aller assez loin dans le transfert des responsabilités vers les Régions et les Communautés. Une seule clé reste un tabou, c'est la sécurité sociale. Si il n'y a plus ça, il n'y a plus de pays. Donc c'est clair qu'on en parle pas. Mais on peut aller plus loin dans certains domaines comme la justice, la gestion de l'emploi, des infrastructures,... Mais il ne faut pas avoir peur de ça. On doit dire aux Wallons et Bruxellois qu'ils sont face à leur destin et que ça peut être enthousiasmant."

Que faire face au ras-le-bol des citoyens ? Pour le député européen, "l'abstention serait une erreur, dans tous les partis politiques, il y a des gens positifs qui méritent la confiance des électeurs." En insistant bien sûr sur la coalition "de gauche" qui menace le parti des libéraux. "La crise libérale" à nouveau évoquée par le président du PS, Elio Di Rupo lors des discours du 1er mai ne suscite que peu de réaction de l'invité du 7e jour. "Ce n'est pas une crise libérale. On peut aussi s'interroger sur la lente évolution dans la perception flamande du modèle belge pour voir si ce n'est pas lié à des crises socialistes qu'on a connu par le passé. Mais je ne veux pas ramener le débat à des considérations aussi simplistes que celles-là. Il est normal que les positions les plus différentes, soient les deux centres de gravité. Pour moi, le PS reste un partenaire possible. Mais le PS est le PS et le MR est le MR. Le PS est pour de l'interventionnisme, pour plus de fiscalité,... et je respecte tout ça.. Mais le MR est pour libérer les forces qui sont dans l'être humain, créer de l'emploi et des entreprises,... Je ne dit pas que le projet de PS est un mauvais projet. Mais entendre libéralisme = capitalisme, ça me choque. C'est comme dire socialisme = communisme."

Son fils Charles, futur président du MR ?

Didier Reynders va remettre son poste en jeu après les élections. Louis Michel n' a pas annoncé un éventuel retour de sa part mais a répondu être très fier de son fils, Charles Michel. "Je souhaite que mon parti soit en ordre de marche, qu'il soit efficace, qu'il apporte à la population ce qu'elle souhaite. Il n'y a pas de division interne au MR. Quand j'ai quitté la direction du MR, j'ai toujours soutenu la direction du parti de manière totale, sans aucune arrière pensée. Et Charles est un homme qui a beaucoup de talents et dont je suis très fier. Il n'a qu'un petit handicap c'est de porter le même nom que moi. Mais je pense qu'il a plus de qualités que moi pour être soit ministre soit dirigeant..." Président du MR ? "Celui qui est capable d'être ministre comme il l'a fait, a certainement ces qualités-là, mais il faudrait lui poser la question. Pour le moment, ce qu'il souhaite, c'est se jeter à fond dans la campagne." précise le père.

Et que voit-il pour l'avenir de la Belgique ? "Je souhaite qu'on ne casse pas la Belgique et qu'on ait un accord communautaire. (...) Je voudrais surtout qu'on donne à la Belgique les moyens de se développer sur le plan économique, d'augmenter les exportations, car ce sont les exportations qui remplissent les caisses de la sécurité sociale et qui permettent un tel niveau de bien-être dans le pays. Il faut encore aller plus loin, mais il faut d'abord trouver les moyens d'y arriver. Et après, on pourra mener des politiques qui créent la prospérité et pas à nouveau des politiques à la petite semaine qui augmentent les impôts, qui handicapent ceux qui entreprennent et qui mettent un frein au rattrapage par exemple des pensions des indépendants."

E. Watterman

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